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Ce blog consacré aux critiques et actussur les animes, les dramas, les films asiatiques et les mangas est développé en coopération avec : ---->DDL et Torrent / D et T : http://news-mangas.over-blog.org/
Venez retrouver tous nos articles sur mon nouveau site, plus beau, plus agréable, mieux rangé et bien plus professionnel, pour votre
confort de lecture, avec des musiques et même des vidéos pour agrémenter votre expérience !!!
E.K.R.A.N. réunit articles, dossiers et fiches sur des supports aussi variés que le cinéma asiatique et
international, les animes et mangas et leurs auteurs, les dramas, les sagas mp3, etc. Lisez nos avis, puis laissez les votres, nous sommes là pour vous
écouter et vous aider !
Enfin, je recrute des rédacteurs pour m'aider, que tous ceux qui sont intéressés me contactent (à l'aide du formulaire sur le site).
Venez tous me rejoindre, merci de votre fidélité, et à bientôt !
Salut chers internautes, mes lecteurs préférés (oui vous tous), non je ne suis pas mort, et ces derniers mois pendant lesquels mon blog s'est retrouvé assez délaissé ont été synonymes de
changements importants dans ma vie.
J'ai bien sûr continué à écrire des articles mais exclusivement pour le site Krinein pour lequel je travaille régulièrement en tant que critique dans la section animes, et j'ai
passé le reste du temps au Québec avec ma petite amie.
Mais je vous ai aussi préparé une jolie petite surprise pendant ce temps là, c'est-à-dire la création de mon siteCritiK'Anime en collaboration avec ma talentueuse amoureuse, qui en gros a tout fait sur le site, et moi j'ai juste rajouté les articles. J'ai décidé de
faire un site pour me sentir plus libre et vous offrir de meilleures fonctionnalités dans vos recherches des animes, avec des dossiers et des articles mieux classés, une
interface plus lisible, bref un meilleur outil pour nous tous, encore en construction mais ce ne sont que quelques détails, il est prêt, il me reste juste à faire de la pub, et
bien entendu je compte sur vous pour en parler autour de vous, merci d'avance.
Encore une fois désolé pour tout ce temps durant lequel mon blog a été laissé à l'abandon, je vais reprendre doucement le rythme en publiant des articles sur mon nouveau site, je vous
invite donc tous à y aller dès maintenant pour le découvir, j'espère sincèrement qu'il vous plaira, n'hésitez bien sûr pas à me faire part de vos réactions sur le formulaire de contact
ou sur dwarfanime@gmail.com comme d'habitude, et bientôt vous pourrez laisser vos commentaires (vous pouvez déjà noter les articles).
A bientôt sur CritiK'Animes, je vous attend tous, Bonne et heureuse année à tous et
merci beaucoup pour votre soutien !!!
Le premier OAV de la série Eyeshield
21, sorti à l'occasion du célèbre festival organisé par le magazine Jump : le Jump Festa Anime Tour 2004, est connu (plus ou moins, et meme plutôt moins) tout d'abord en tant
que pilote de l'anime, avant de prendre le statut de "film".
Cet épisode spécial durant une trentaine de minutes se déroule juste avant la formation de l'équipe, à l'époque où Sena, Hiruma, Kurita et Monta étaient encore les seuls titulaires, et que l'équipe,
en manque de joueurs, desèspère encore d'être reconnue.
Cet OAV prend donc le train de la publication du manga en marche, celui-ci sortant depuis 2002 au Japon, et se dote d'un scénario original écrit pour l'occasion par Richirou Inagaki, le scénariste du manga, et qui se situe juste avant les épreuves d'amission des nouveaux membres de l'équipe organisés à la tour de Tokyo. Un
passage transitionnel donc, qu'on ne retrouve pas dans la série.
¤¤¤ Synopsis :
Le ton résolument sarcastique de cet OAV est annoncé dès l'introduction, dans laquelle on voit le héros Sena courir comme un dératé à travers les rues de la ville, défiant les limites de la vitesse
humaine afin de se rendre aux... toilettes.
L'histoire en elle-même tourne en dérision le mélange toujours assez explosif entre sport et politique, de là à parler de magouilles et de matchs truqués il n'y a qu'un pas. Et c'est en effet le
cas, quand un mystérieux commanditaire prévient le gouverneur que son équipe de petits protégés, les Uraharajuku Boarders, bénéficiera d'un match arrangé contre l'équipe réputée la moins dangereuse
du lot, les Deimon Devil Bats de Sena et ses amis, en guise de barrage pour se qualifier pour le tournoi de printemps du Kantou (la région de Tokyo), le Golden Bowl.
¤¤¤ Critique :
Pour cet épisode unique, les graphismes ont été moins travaillés que ceux de la série, tant et si bien qu'on voit facilement que cet OAV a été réalisé à la va-vite. A titre d'exemple, pour
simplement donner un aperçu imagé de ce dont Eyeshield 21 aurait l'air si son éditeur Shueisha décidait de l'adapter en série animée (un aspect justifié par le fait que
les seiyuu/doublures voix sont des mercenaires engagés pour boucler rapidement un OAV et le présenter aux producteurs qui n'ont d'ailleurs pas été reconduits dans la série). Les fans de la série
seront donc soit surpris, soit déçus par un character design assez simplifié, des visages enfantins et déformés par l'éxagération dans chaque expression, des faces carrées et grossières dans
lesquelles on retrouve le style humoristique du manga, mais en un peu moins inspiré. L'animation elle aussi est assez médiocre, cependant suffisante pour un OAV promotionnel réalisé au plus
pressé.
Le scénario quand à lui n'est qu'un prétexte à la mise en avant du héros, même si ses coéquipiers ont aussi droit à leur petit instant de gloire, et l'esprit d'équipe est encore une fois porté aux
nues, dans le plus pur style Eyeshield 21. L'histoire est réduite à l'essentiel, c'est-à-dire des gags et quelques belles actions de jeu bien sympathiques, après une
introduction un peu branlante (comme plus de la moitié de l'épisode).
Cet OAV joue donc sur un seul atout, surfer sur la vague du succès du manga et sur l'engouement suscité par un sport dynamique et sexy, très en vogue au Japon, en lui donnant une touche fashion et
jeun's, parfois grossière, toujours amusante. Cette orientation très moderne destinée à attirer les jeunes spectateurs se retrouve dans tous les plans : le look des personnages (des jeunes branchés
aux cheveux en pétard et péroxydés), le match qui se passe en pleine rue sur l'asphalte (et voila comment on invente le "Street Amefuto"), la musique techno ultra rythmée (à noter la participation
du grand Kenji Kawai, compositeur sur les Ring et les Ghost in The Shell), les riders...
On pourrait se dire que ce pilote est raté dans l'ensemble, mais il faut se souvenir que ce n'était qu'un coup d'essai et qu'il est nomal qu'il soit imparfait. Ce n'est d'ailleurs pas un faux
rebond mais un beau ricochet finalement car on y découvre le potentiel fédérateur et humoristique de la série, et l'épisode se rattrappe en fin de compte en nous gratifiant d'un twist final
suprenant et loufoque. Sans oublier un moment culte à remarquer, l'arrivée fracassante d'Hiruma qui se fraye un chemin parmi les bosozokus (jeunes voyous à moto) qui ont pris possession du terrain
d'entraînement de football, à coup de... bazooka.
Le film/pilote/OAV Eyeshield 21 Jump Festa Anime Tour 2004 met toutes ses balles dans le même panier pour marquer un grand coup dans les dernières minutes,
dévoilant le potentiel énorme du concept Eyeshield 21, nous assènant à la pelle ses exploits sportifs, ses émotions fortes et ses mélodies victorieuses dynamiques, en est
témoin la toute dernière image de cet OAV, un clin d'oeil démoniaque sur fond d'accord de guitare désincarné et destructeur.
Desole pour le retard dans les publications, je savoure des vacances bien meritees avec ma petite amie, de nouveaux articles paraitront dans les prochaines semaines.
Profitez bien vous aussi de vos vacances pour les petits chanceux qui en ont, je vous souhaite a tous un tres bel ete.
En attendant la publication des deux prochains articles, Gasaraki et Eyeshield 21 Jump Festa 2004, voici deux AMV pour vous presenter les prochaines
parutions sur dwarfanime.
Tout d'abord un extrait de la serie Ergo Proxy, mélange d'action et de SF, parue en 2004-2005.
Puis un trailer de Area 88, un actioner dramatique produit en 2004 se déroulant dans l'univers aérien
Genre : Action / Arts Martiaux / Fantastique / Drame
Auteur : Yoshiaki Kawajiri
Studio :Madhouse Production
Année de production : 1993
Licence : Pathé Vidéo / Manga Video
Nombre d'épisodes : 1 x 94 mins
En
1993, le studio Madhouse productions adapte le premier manga écrit par Yoshiaki Kawajiri,
Jubei Ninpucho (alias Ninja Scroll) afin d'en faire un film d'animation, en lui confiant l'écriture du scénario et la réalisation. Celui-ci est en effet
un réalisateur déjà bien connu au Japon pour ses idées ambitieuses en termes de technicité visuelle et ses films qui ne passent pas inaperçus, notamment le très apprécié Wicked
City sorti en 1987, avant de s'improviser mangaka avec Ninja Scroll. Propulsé par le succès du film, il retourne ensuite a
ses premières amours pour se tourner complètement vers le monde de l'animation, notamment en tant que character designer, directeur de l'animation et réalisateur (Vampire Hunter D :
Bloodlust, une participation dans Animatrix), mais ceci est une autre histoire.
¤¤¤ Synopsis :
Revenons à nos ninjas, et au scénario : Une grave épidémie touche le village de Shimoda, cependant son origine semble mystérieuse, et un groupe de bandits inconnus a été aperçu quittant le
village dans la nuit. Un groupe de soldats, les ninjas Koga, est alors chargé par le seigneur de la région d'aller enquêter sur place. Pris en embuscade, ils sont presque totalement
décimés par un démon très puissant, et seule une belle jeune femme, Kagero, parvient à en réchapper. Elle est sauvée par un ninja errant,
Kibagami Jubei, qui va se trouver embarqué malgré lui dans ce imbroglio au cours duquel il va devoir affronter les serviteurs du Shogun des
Ombres...
¤¤¤ Critique de la rédaction :
Ninja Scroll allie avec délice le charme désuet des vieux films d'animation (ceux qui avaient encore une âme à la place d'une débauche d'images de synthèse, et des personnages
aux caractères bien trempés) aux mythes et légendes des ninjas. Au programme : action, fantastique, créatures improbables, sorcellerie, combats très
sanglants voire carrèment gore la plupart du
temps, et scènes de sexe assez crues. Soyez prévenus, ce film n'est pas pour les enfants, mais pour un public d'adolescents ou d'adultes à la recherche d'adrénaline, d'hémoglobine et
d'aventure.
L'animation, classique et efficace, est servie par des dessins très réussis, avec une exquise précision dans les détails pour donner vie à un monde à la fois pitorresque et inquiétant, symbolisé
par les paysages superbes et la végétation dangereuse et envahissante des terrains accidentés de l'intérieur du Japon, très bien reproduits. Le character design est très personnel, présentant des
visages assez géométriques et rugueux, avec un résultat magnifique en ce qui concerne les femmes et les protagonistes, aux traits pleins de finesse, tandis que les figurants sont affublés de
visages semblables et quelconques, mais jamais négligés. On peut tout de même remarquer quelques expressions du visage trop figées ou ridicules (à cause des yeux qui sont mal centrés), mais rien
de vraiment dérangeant ou désagréable. Les silhouettes, élancées et sveltes, rappellent un peu le trait gracile et féminin des personnages dessinés par Sachiko Kamimura pour City
Hunter, ce qui correspond en gros au meilleur niveau de l'époque en termes d'animation et de fluidités des corps et des mouvements (on retrouve les
mêmes silhouettes frêles et fines dans Vampire
Hunter D : Bloodlust ainsi que la même préposée au character design, Yutaka Minowa). On le ressent d'ailleurs vraiment dans les combats, hallucinants de vitesse et de violence,
parfaitement orchestrés, très inventifs et originaux (car mettant en scène à la fois des personnages aux pouvoirs et apparences variées et toutes les techniques de combats et les ruses des ninjas
qui fascinent toujours autant notre imaginaire), un vrai régal.
Pour compléter ce ballet de violence et d'action, la musique, tantôt orchestrale et prenante, tantôt mystérieuse et bercée par des sonorités classiques, cordes et percussions japonaises, à
l'effet hypnotique. Toute la bande-son est vraiment rythmée, utilisée pour souligner la rapidité des scènes de combat et assombrir une atmosphère d'ensemble déjà très angoissante, cauchemardesque
et démoniaque.
Dès les premiers
instants, le script nous fait découvrir un monde dominé par l'avidité et la loi du plus fort, une histoire classique mélant vengeance, complots et luttes intestines pour le pouvoir, plus que
communes à l'époque du Japon féodal. Ce qui fait le succès de Ninja Scroll repose bien entendu sur l'incroyable empathie créée par l'envergure de l'imaginaire évoqué par tout
l'univers fantastique et énigmatique propre aux ninjas, ces combattants surentraînés aux pouvoirs surhumains.
Chaque étape du voyage de Jubei est parsemée de périls innombrables et de surprises de taille, qui rendent chaque minute du film captivante tant les
combats, rebondissements et retournements de situation sont profusion.
Les dialogues sont savoureux, bourrés de répliques inoubliables, les personnages sont bien caractérisés et certains sont passionnants, du moine espion à l'abject Yurimaru en passant par Kagero la fem
me ninja fatale, on est heureux de retrouver le bad guy
effeminé et immaculé à la voix doucereuse et le vieux sage à la peau parcheminée et à l'humour déconcertant (un papy aussi tordu et barbant que Yoda
dans Star Wars). N'oublions pas notre héros, Jubei, le vagabond à la logique implacable, en beaucoup moins silencieux qu'un Kenshin,
mais armé d'un katana encore plus mortellement tranchant. A première vue, c'est un asocial renfermé et taciturne, un solitaire qui se soucie peu du lendemain et ne se fait qu'une chose, se
battre. On découvre pourtant progressivement un personnage riche et complexe, dragueur et humoriste dans à ses heures, et surtout toujours prêt à se sacrifier, se jetant à l'aventure avec
témérité sans se soucier des conséquences et s'enfonçant encore un peu plus dans les problèmes à chaque fois qu'il en sort. Son passé, qu'il soit douteux ou glorieux, jouera un rôle dans le film,
mais bon cela on s'en doutait.
Une histoire d'amour déchirante vient finir d'habiter ce film viscéral, sombre et violent, et compléter une once de contexte historique,la lutte interminable entre les légendaires clans
Tokugawa et Toyotomi pour gouverner le Japon de l'ère Sengoku au 15ème siècle (le même contexte est repris dans le film Azumi en 2003, où l'on retrouve
ce pays rural traumatisé par les bandits de grand chemin et les guerres claniques).
Ninja Scroll réunit donc tous les ingrédients d'un film culte, propice à la création de sa mythologie propre, et il faut savoir ne
pas s'arrêter à la simple notion de crédibilité pour apprécier cette oeuvre, que dis-je ce chef-d'oeuvre, et se laisser envahir par l'esprit mythique et le second degré subtil qui s'en dégagent.
Celui-ci est en effet tel l'esprit des ninjas, cynique et manipulateur, furtif et sombre.
Regardez-le, regardez-le, regardez-le, c'est vraiment un film à ne pas rater, un style unique à dévorer pour le plaisir des yeux et des oreilles.
En 2002, pour ses 10 ans d'existence, le
studio Gonzo décide de sortir un OAV pour montrer que le savoir-faire accumulé lui permet de dominer le monde de la japanimation au niveau graphique et technique. Après
plus de deux années de développement sort enfin Yukikaze, un anime futuriste découpé en 5 "opérations" mélant des combats aériens à couper le souffle, fantastique et anticipation
scientifique. Bref un OAV purement "Gonzoïen", balancé entre prouesses visuelles et thèmes universels engagés, héritier en droite ligne d'un Blue Submarine n°6.
¤¤¤ Synopsis :
Le pitch s'annonce immédiatement simple et efficace; dans un futur indétérminé, 33 ans après que les aliens (ici nommés JAM) aient attaqué la terre par surprise, et qu'ils aient été
finalement repoussés, une étrange porte subsiste toujours sous la forme d'un gigantesque nuage situé au Pôle Sud, qui relie la Terre à une autre planète, Fairy, sur laquelle se déroulent encore les
combats à l'aide d'avions de chasse très sophistiqués. Pourtant, ils ne font pas le poids face à des monstres qu'ils ne peuvent même pas identifier, et même le lieutenant Rei Fukai, un pilote de génie de l'unité d'élite de défense de la Terre, la FAF (Fairy Air Force), comprend subitement que ses supérieurs, blasés par une
guerre qui s'éternise et lourde en pertes humaines, entrevoient la possibilité de le remplacer par un chasseur entièrement automatisé, le Yukikaze.
¤¤¤ Critique de la rédaction :
Cependant on ne nous donne aucune piste durant la première demi-heure sur l'intrigue qui va nous être proposée
dans cet OAV, à part un court passage éthéré, brumeux et incompréhensible mettant en scène le héros, Rei Fukai, dans un espace clos et oppressant. Mais après deux ou trois rebondissements, quelques informations disséminées au compte-goutte et un tournant bien
mystérieux, le visuel brumeux revient et le passage précité se développe. Tout a été fait par les scénaristes pour nous donner très envie de comprendre les origines de l'histoire, les tenants et
les aboutissants de cette guerre insensée, tout en prenant soin de nous cacher le plus longtemps possible la vraie nature des JAM. On peut être satisfait des premiers épisodes, bien
construits, un peu comme un film d'animation, où la narration alterne avec autorité entre les séquences de combats et de dialogues, entre les hommes et les machines, la violence et la
réflexion.
Le thème central de la série reste bien entendu la communication entre l'homme et la machine, prenant en compte le développement dans un futur proche de l'intelligence artificielle et de ses
risques potentiels, entraînant plusieurs grandes questions primordiales : l'homme peut-il vraiment être remplacé par la machine pour effectuer des tâches nécessitant choix et réflexion, ou encore :
la machine va-t'elle tenter de remplacer l'homme de sa propre initiative ? Des questions auxquelles Yukikaze ne répond qu'en partie, préférant se tourner vers un peu plus de
spiritualité et un point de vue biaisé, intéressant mais insuffisamment traité.
Le spectacle quand à lui est vraiment au rendez-vous. Les combats sont captivants et les effets spéciaux vous laisseront bouche bée. En effet, on assiste vraiment a du très lourd, à la croisée des
figures aériennes de Top Gun, des vaisseaux chromés et profilés de la prélogie Star Wars, et des combats aériens rapprochés visibles dans tous les jeux vidéos
spécialisés du genre avions de chasse, le tout en mieux.
Insistons donc sur tous les aspects de ces
graphismes superbes, en débutant par le tout premier choc visuel de l'anime, les décors. Impressionnants... On ne peut que saluer l'équipe technique de Gonzo pour la qualité de ces
arrières-plans, dotés d'une profusion de détails splendidement agencés (des meubles et bâtiments jusqu'aux nuages, tout est parfait), et qui disputent la vedette aux images de synthèses réservées à
la carlingue des vaisseaux, qui glissent avec délicatesse dans un ciel d'une profondeur et d'une beauté saisissante, en recherche perpétuelle d'horizon et qui nous donne une exquise sensation
d'infini.
Le character design, que ce soit pour les vêtements, les combinaisons ou les visages, est d'une précision excellente et très réaliste. Seuls les traits du visage ont un défaut, une
certaine immobilité (qui augmente encore l'effet de tristesse et de monotonie qui se dégage de Yukikaze). L'animation des personnages est elle aussi un peu négligée, mais rien de
très gênant car ils ne bougent pas beaucoup, et on pardonne facilement au réalisateur de s'être concentré sur l'animation des avions plutôt que sur celle des hommes, indubitablement fantômatiques,
sortes de clones à demi-inexpressifs, vraisemblablement échappés d'une réunion des mélancoliques anonymes.
Vous serez effectivement peu étonnés en découvrant l'ambiance générale de cet OAV, particulièrement nostalgique, poétique et romantique, tantôt réellement angoissante et incroyablement féérique
l'instant d'après. L'absence de vitalité des machines ainsi que le gris sépulcral de leur coque se mèlant aux visages blâfard des humains, on ressent une certaine froideur presque dérangeante, qui
résume en grande partie le caractère et la nature insaisissable du lieutenant Fukai, protagoniste silencieux, asocial et torturé par des démons qui
dévorent progressivement sa santé mentale.
En outre, la bande-son est impeccable, mélange constant de musique classique (prin
cipalement du piano) et de blues-rock secondé par de l'électro qui donne un rythme permanent à l'anime, agissant tel un métronome.
Le reste du son est constitué d'une véritable symphonie de mouvements d'air, de moteurs d'avions surpuissants, de murs du sons explosés, d'alarmes et de tirs... le tout constituant une atmosphère
véritablement prenante.
Yukikaze, en tant qu'OAV militaro-futuriste et fleuron technique du studio Gonzo, tient toutes ses promesses au niveau des standards qu'il se doit d'imposer. Le design des
avions de chasse est magnifique (proche de celui de la série des Macross), leurs mouvements sont proprement hallucinants et les combats grisants de vitesse et de réalisme. La
crédibilité est aussi de mise, avec une profusion de plans, de radars, de notions d'aéronautique et de chiffres qui impriments l'ensemble dans sa réalité propre et ne laisse jamais au spectateur le
temps de se poser des questions sur sa cohérence. Heureusement, car après des débuts prometteurs, le côté énigmatique laisse la place à un script trop décousu et trop léger, difficile à cerner et
qui ne fait qu'effleurer les thèmes et théories avancées. On reste sur sa faim, la relation entre Jack et Fukai puis entre Fukai et le Yukikaze ne prend jamais assez d'envergure, et on s'ennuie en-dehors des combats.
On peut aussi souligner le générique de fin, qui ne colle pas du tout avec l'atmosphère de l'anime, à notre grand regret.
Yukikaze fait tout de même partie des OAV SF les plus intéressants de ces dernières années, car à partir d'un
visuel quasi-parfait nous sont livrées de bonnes réflexions sur le futur de l'intelligence articielle (concept
repris par le film Furtif de Rob Cohen en 2005, en moins bien), ses applications et implications, habité par une logique de SF pure dans laquelle on peut retrouver à la fois
l'existence d'autres formes de vie et la possibilité de l'attribution d'une âme à la machine, d'un point de vue sensiblement différent de ceux des Ghost in The Shell d'Oshii et Masamune et du Cycle des Robots d'Asimov, car ici les machines n'ont aucune prétention à
copier l'humanité. Nous sommes plutôt mis sur un plan d'équilibre entre fantastique et technologie, dans la lignée d'un 2001 l'Odyssée de l'espace mais sans en retrouver le talent
au niveau du scénario.
Le format de l'OAV semblait pourtant être idéal pour une telle histoire, mais Yukikaze confond trop souvent style et superficialité pour être vraiment convaincant en termes de
narration. Profitez donc du spectacle, qui lui reste grandiose, avec un ballet final qui se montre à la hauteur.
Petite présentation des prochains animes critiqués à paraître sur Dwarfanime.
Sentou Yousei Yukikaze, une série sortie en 2002 par le studio Gonzo Genre : Guerre / SF / Réflexion
Gasaraki, un anime produit en 1998-1999 par le studio Bandai Visual Genre : Action / SF / Mecha
Tiré du manga original de Yatate Hajime, le créateur entre autres de Cowboy Bebop, Mai Hime,
Gundam...
Le studio Gonzo nous sort un nouvel OVNI en 2004,
Desert Punk. On découvre alors avec un sourire en coin le second degré omniprésent et l'humour noir tout bonnement excellent qui caractérisent cet anime, sorte d'hybride entre
classiques de l'animation revisités et actioner SF à la singularité prononcée. Bref une série originale et pleine de bagout, qui ne manquera pas de vous surprendre.
¤¤¤ Synopsis :
Le récit se déroule plusieurs siècles après la destruction du Japon. La région du Kanto (région de Tokyo) est devenue un désert aride et inhospitalier soumis à des températures extrêmes.
Kanta, alias "le Sunabozou" (littéralement le "bonze du désert") est un chasseur de primes de très petite taille, doté d'une très mauvaise
réputation au point qu'il est craint de tous. Il rencontre par hasard une jolie jeune fille, Asagiri Junko, qui a réussi a s'échapper des griffes de l'immonde chef du clan Kawazu. Ne
pouvant résister à sas charmes, Kanta décide de l'aider, car il a lui-même un compte à régler avec eux. Mais la situation se complique et il tombe
dans une embuscade. Encore une mission périlleuse pour le "démon du désert" !!!
¤¤¤ Critique de la rédaction :
Pour commencer, notons qu'on nous sert un générique "live" totalement ridicule, qui nous met immédiatement dans le bain : Desert Punk sera cynique et caricatural ou ne sera pas
!
L'univers de Desert Punk est avant tout une histoire d'influences artistiques trés poussées, entre une atmosphère originale, accrocheuse et immersive, sorte de combinaison d'un
univers western comique à la Trigun (les deux animes partagent d'ailleurs le même character designer) et du désert fantastique et inquiétant de la planète Tatooïne dans la
Guerre des Etoiles avec ses soldats armurés des pieds à la tête, rappelant autant les énigmatiques sandtroopers impériaux que les terrifiants loups casqués des brigades de
Jin-Roh. Sans oublier les mercenaires très semblables aux pillards Tusken de la Guerre des Etoiles eux aussi. Notre héros, le mythique
Sunabozou, qui resemble plus à un apiculteur déséquilibré qu'à un chasseur de primes, gravite donc dans cette
lande de désolation dirigée par un gouvernement
légèrement despotique qui laisse les populations miséreuses se débrouiller à l'intérieur d'une société dans laquelle règne l'anarchie, la loi du plus fort, et où les mercenaires et les bandes de
hors-la-loi font euh.....la loi...
Du côté graphismes, Gonzo nous a concocté pour Desert Punk un visuel qui correspond à son monde hilarant et étonnant, franchement exagéré, avec des dessins bons sans
être extraordinaires, suffisants pour ce genre d'anime à la "sauce classique" avec une animation discrète et réussie, dont l'humour n'a pas besoin d'un déluge de 3D pour s'exprimer. Le seul point
qui nous rappelle que Desert Punk n'est pas une série des années 90, ce sont les images de synthèse, toujours de bonne facture chez Gonzo, on ne remarque toutefois
aucune surenchère dans leur utilisation et elles n'apparaissent que quand c'est nécessaire. Un soin tout particulier est apporté aux détails : les gros plans, le design des armes, les traits du
visage... au détriment des plans globaux dans lesquels les personnages sont parfois un peu bâclés.
Le character design est inégal, intéressant mais un peu vieillot, surtout pour les figurants qui sont tous très laids, et l'ensemble n'est pas toujours très crédible car les expressions
du visage sont trop grossières (les artistes ont tellement pris le parti de l'éxagération que le résultat est souvent délicieusement grotesque), seuls quelques protagonistes sont privilégiés par
une précision accrue du dessin. Le design des costumes et des masques est quand à lui très réussi (le héros dans sa combinaison déborde de style et de ridicule à la fois) et confère un style
propre à l'anime, lui donnant un certain charme désuet et de la personnalité.
En outre, l'ambiance satirico-comique de Desert Punk est soutenue en permanence par une petite musique obstinante et entêtante, très efficace. On entend quelques accents funky à
la Cowboy Bebop se dessiner de-ci de-là, au milieu de thèmes plus classiques au synthé qui ne cassent pas des briques mais ne sont jamais désagréables à l'oreille.
L'histoire se développe en petites historiettes d'un ou deux épisodes reliées par un fil conducteur, l'insatiable quête de fric et de filles à grosses poitrines menée par le Sunabozou
(qui consiste en réalité à se faire rejeter et humilier dans les deux cas). Les dialogues sont le plus souvent savoureux et loufoques; il faut cependant noter la présence de quelques rares
passages qui sont difficiles à saisir car le scénario, lui, n'est pas de haute volée. On fait dans l'actioner tout ce qu'il y a de plus classique, seules les situations plus grotesques les unes
que les autres amènent une bouffée de fraîcheur et d'originalité au script.
Les scènes d'action sont jouissives, composées principalement de gunfights endiablés orchestrés avec une bonne dose de folie dans la mise en scène. En gros, on sait que c'est de la frime et on
s'assume, alors on
abreuve le spectateur d'un déluge de
plans déjantés (trés souvent superbes et grisants de vitesse et de mouvement) et on évite le ridicule en rendant l'humour tordant, classe et piquant.
Chaque minute est ponctuée par les réflexions absurdes du héros, sorte de narrateur totalement imbu de lui-même, qui tire la couverture à lui dans chaque épisode, pour un résultat édifiant : il
draine toute l'attention, et impose son caractère. Il en fait toujours des tonnes, il est obnibulé par se petite personne (très petite), se parle tout seul et vit dans un mirage permanent dans
lequel il est le centre de l'univers, eh oui, une très longue errance dans le désert cela chauffe le cerveau. Solitaire, égocentrique et mégalomane, son panel interminable de défauts le rendant
étrangement attachant (Kanta rappelle aussi bizarrement lors de morceaux de bravoures improbables le Tetsuo d'Akira, ébouriffé et doté de cette lueur d'insanité dans le regard où se confondent héroïsme et folie meurtrière).
On peut se dire que pour cette série, les hommes de Gonzo ont fini par abuser au niveau du choix des mangas qu'ils adaptent, avec cet anime qui se démarque par son comique de bas étage
ostensiblement revendiqué par son créateur, farfelu et timbré au point qu'on en vient à s'inquiéter pour sa propre santé mentale (attention le ridicule ne tue pas, mais il peut être contagieux).
Desert Punk est plus que déconcertant , affligeant, pitoyable et pathétique, il est surtout intriguant. Car très souvent on se prend à se demander où est le sérieux et où est le
comique dans des scènes de chasse à l'homme passionnantes, cependant inévitablement recoupées par des réflexions ou des farces burlesques au possible, et c'est un luxe de pouvoir se gaver de
telles bijoux d'idiotie sans aucun remords. Autre point fort de l'anime, une inventivité toujours renouvelée grâce à des personnages secondaires effrayants de stupidité et tous insupportables
(mention spéciale à la petite Kosuna Taiko).
Le seul vrai défaut de Desert Punk tient dans le fait qu'on se sent par moments en décalage avec la série, pas assez intégrés dans un univers dépeint sans réelle volonté
d'approfondissement, insuffisant pour imposer une vraie atmosphère à part entière alors qu'il en avait le potentiel. Ce manque de collusion entre le fond et les personnages (souvent trop peu
caractérisés) fait qu'occasionnellement les dialogues sonnent faux ou même que le spectateur se sent éloigné de la narration et de son déroulement. Par chance, l'aura envahissante du héros vient
sauver les meubles. On distingue tout de même un fond sociétal qui commence a prendre forme vers le
milieu de la série, une civilisation avec ses
coutumes, ses spécificités et surtout une moralité bien particulière, impitoyable et dirigée par un seul but : la survie. Des ombres apparaissent au fur et à mesure et chaque épisode devient de
plus en plus captivant (mais seulement jusqu'au vingtième, les trois épisodes suivants étant des sortes de "fillers à base de resucées du début" avant le n°24, épisode final).
Au bout du compte, regardez Desert Punk. c'est un anime qui sort du lot, un électron libre qui choisit de mettre en avant la satire et l'aventure en pariant sur l'éxagération et
peut aussi nous amener à réfléchir par nous-même dans un second temps, sur l'immoralité, les mécanismes de la perversité et de la quête du pouvoir qui pourraient mener notre société à sa perte,
sur la conscience ou plutot l'inconscience humaine dans sa globalité.
Cynisme et second degré sont les clés du succès de Desert Punk, une série qui cache très bien son jeu, ne s'embarasse pas des conventions et va jusqu'à nous offrir un final
grandiose et imparfait à la fois, qui synthétise une logique propre dans son intégralité, une ouverture et une renaissance, une alternative et une continuité, un seul destin dans ce désert
inhospitalier et post-apocalyptique... et n'oubliez jamais : le plus difficile, dans le désert, c'est de trouver la sortie.
Acteurs principaux : Stephen Chow, Karen mok, Cecilia Cheung, Man Tat Ng
Année de production : 1999
Durée : 1h30
¤¤¤ Synopsis :
Wan Tin-Sau est figurant de cinéma. Toutefois son style plutôt original n'est pas du goût de
tous les metteurs en scène, et il se fait virer inlassablement du plateau de tournage. Pauvre mes jamais à court d'idées ou de motivation, il s'adonne alors par ses propres moyens à sa passion pour
le Septième Art en cherchant à monter des pièces de théatre de rue en plein air en tentant d'interesser ses voisins, tous plus pathétiques les uns que les autres, ou en donnant des cours de
pratiques théatrale à tous ceux qui en ont besoin au quotidien ou pour leur emploi, que ce soient les petits voyous ou les prostituées. L'une de ses élèves, la belle Lau Piu Piu, lui tape dans l'oeil...
¤¤¤ Critique de la rédaction : King of Comedy, réalisé en 1999, fait partie des oeuvres phares de la filmographie de Chow.
En effet, l'acteur a déjà fait ses premières armes dans la réalisation, et peut à alors s'exprimer de mieux en mieux au travers de la mise en scène. Tandis qu'il laisse paraître de plus en plus de
maturité dans l'approche de chacun de ses films, qui offrent à chaquelle nouvelle production un peu plus de profondeur, il reprend inexorablement ses incontournables thèmes de prédilection, que
sont la recherche d'un amour romantique et parfait dans un monde qui n'est pas fait pour, le parcours initiatique du héros empêtré dans sa propre médiocrité et qui
doit devenir un homme plus adulte et responsable pour s'imposer dans la société et séduire
celle qu'il aime... Si on y ajoute la tentation du mal qui se dresse toujours sur son chemin comme un obstacle obligatoire permettant la remise en question et l'éclosion du héros, on a le même
scénario ultra classique, qui remonte dans sa construction même aux modèles inusables utilisés pour décrire les aventures initiatiques des chevaliers de la Table Ronde, un script simple qu'on
apprend dans les écoles et qui a toujours fait preuve de son efficacité.
En lisant cela, il y a de quoi se poser des questions me direz-vous... King of Comedy n'est-il qu'un amas de grosses ficelles usées jusqu'à la corde, un film banal et dépourvu
d'originalité ? Mais non, car c'est à ce stade là, juste après la pose des bases du scénario, qu'on découvre l'impact extraordinaire de la "sauce Stephen Chow", qui rien que par sa
présence et son charisme gigantesques à l'écran, son génie visuel et humoristique indéniable, parvient à insuffler une âme à son oeuvre, un parfum fantasque et fantaisiste qui crée dès les
premières minutes du film une empathie euphorisante avec le spectateur. Celui-ci se retrouve tout de suite intégré dans le récit, suivant pas à pas les pérégrinations d'un héros malchanceux, comme
captivé par les gestes et les mimiques inimitables d'un Chow en forme olympique.
Dans son ensemble, le script tient très bien la route, et les quelques très rares baisses de rythme passent quasiment inaperçues car on ne s'ennuie jamais grâce à un comique de répétition excellent
performé par un couple de protagonistes inspiré supporté par un évantail de personnages
secondaires loufoques.
Des jeunes aux vieux, c'est un manège enchanté de la condition humaine gavé de personnages totalement clichés et surjoués qui vous feront tour à tour sourire, pleurer, rire, rêver, et parfois vous
laisseront pantois.
Petite perle de pureté et d'innocence qui nous rappelle que pauvreté ne rime pas forcèment avec malheur, King of Comedy est un petit film sans prétention, très plaisant et drôle,
une plongée attendrissante de naïveté dans l'univers impitoyable de la comédie et du cinéma, magnifiée par l'apothéose d'un final où la mise en abyme devient réalité et consécration.
Un film qui vient du coeur et touchera le vôtre, exquis et excellent.
Notation :
--> Scénario : 8.5/10 (d'une sincérité et d'une fantaisie hors du commun, mais pas encore parfait)
--> Réalisation : 8/10
--> Acteurs : 8.5/10 (très bonne composition d'ensemble, portée par un Chow dans son élément naturel, l
e cinéma)
--> Puissance : 9/10 (très drôle, et franchement attendrissant)
--> Musique : 7.5/10 (sobre et toujours efficace, comme à son habitude) Total : 8.3/10
---> disponibilités du film : liens torrent / surmanga-arigatou: cliquez ICI
!!!
Après le succès du jeu vidéo très
populaire sorti en 1995 au Japon, la maison mère une des reines du genre Namco décide de faire presque 10 ans plus tard de Tales of Phantasia une
mini-série de 4 OAV. On pourrait penser que c'est un pari risqué pour les producteurs qui réduisent automatiquement leur public à une poignée d'initiés, mais l'ambition visuelle
d'une telle entreprise dénote la volonté de leur part de s'ouvrir à un public plus conséquent, en surfant sur la vague de succès du genre RPG en pleine explosion ces dernières années. La couleur
est en effet annoncée d'entrée de jeu, le sérieux est de mise dans cette grande aventure, car on nous assène une citation d'Edward O. Morrison : "Si le mal est vraiment en ce monde, il est
dans le coeur des hommes".
¤¤¤ Synopsis :
L'histoire retrace dans les grandes lignes celle du jeu vidéo originel : deux adolescents, Cless Alvein et Mint
Adnade, sont renvoyés cent ans en arrière pour vaincre le sorcier maléfique Dhaos, que leurs parents avait scellé des dizaines d'années
plus tôt par magie pour l'empêcher de nuire. Mais celui-ci a été libéré et ils doivent retourner en arrière pour réparer les dégâts et repousser sa tentative de conquête du royaume d'Aselia et de
son arbre de Mana. Nos deux héros vont devoir requérir l'aide de compagnons pour ramener la paix dans l'espace et le temps...
¤¤¤ Critique de la rédaction :
Nul besoin de se poser de questions pour savoir si cet OAV a bien un lien avec le jeu vidéo, le réalisateur répond à votre place dans l'introduction... fiers de ses origines, Tales
of Phantasia débute par une présentation en règle des personnages dans le plus pur style RPG, avec les graphismes un peu désuets de la GBA qui vont avec, pour continuer ensuite carrèment par un
incipit fait à base d'images du jeu mises telles quelles, agrémentées de
sous-titres tentant d'expliquer à la louche les origines de l'histoire. Je dis bien "tentant d'expliquer" car pour ceux qui ne connaissent pas le jeu, c'est trop rapide et trop
vaguement résumé pour être compréhensible.
Les gamers seront eux, pour leur part, immédiatement bien replongés dans l'ambiance du jeu et ressentiront une agréable nostalgie en revoyant ces "vieux" graphismes.
3 minutes plus tard, l'anime commence enfin, et là on n'est pas déçus du voyage. Les graphismes sont de très bonne qualité, le character design est indéniablement réussi et plaisant malgré sa
simplicité, avec des dessins remplis d'un mélange de "jeunisme" et de l'influence certaine du jeu vidéo, bref un univers visuel identifiable très rapidement par tous les fans de RPG et d'heroic
fantasy en général, coloré et fantastique, avec une pointe d'ombre signe du manichéisme ambiant et inhérent au genre. Un environnement visuel donc très riche et attrayant, très facilement adopté
par le spectateur dès les premières images.
Cette entrée en matière nous ravit, car à l'instar d'animes d'heroic fantasy médiévale tels que Berserk ou les Chroniques de la Guerre de Lodoss, on est intégré,
plongé dans un univers à part, merveilleux et dépaysant, rempli de ces monstres, sorcières et chimères qui peuplent nos adolescences.
La trame de la narration reste ultra classique pour un RPG d'heroic fantasy, en dehors de la petite pointe d'innovation scénaristique apportée par les voyages dans le temps, pas toujours bien
maîtrisés, et le manichéisme est de mise à chaque révélation ou rebondissement : les personnages sont ultra-stéréotypés (par exemple le comportement pathétique de la guérisseuse "Barbie-style" trop
belle et trop timide pour être crédible, dénuée de la moindre once de perso
nnalité...), les vilains sont sombres et ténébreux, par opposition aux héros intouchables qui sont auréolés de pureté et d'innocence. On a le droit sans concession à tous
les poncifs du genre, tout pour occasionner des morceaux de bravoure, un jeune héros qui se recherche, des bons sentiments et de jolis elfes kawaïï, bref tout un univers de féérie qu'on aurait aimé
mieux exploité et plus profond.
On retrouve quelques similitudes avec des jeux comme Final Fantasy ou Breath of Fire, les sommets du genre, avec entre autre le style coutumier du héros ou du
méchant, ou encore les pouvoirs magiques calqués sur les scènes de combat typiques d'un jeu vidéo au tour par tour. Un bon point d'ailleurs pour ces scènes d'explosion ou de magie, qui sont souvent
spectaculaires et relancent une attention parfois trop dispersée par certains moments un peu trop contemplatifs.
On ne risque jamais d'oublier que Tales of Phantasia est bien un jeu vidéo à l'origine. Les morceaux de bravoure s'enchaînent à la même vitesse que les scènes d'action, au point
qu'on en finit par oublier la pauvreté des dialogues et le cruel manque de réactivité des personnages pour se concentrer sur le (petit) déluge de lyrisme visuel et profiter du spectacle en se
laissant porter par la magie (la magitechnologie pour être vraiment exact), toutefois on reste loin de l'exotisme exaltant d'un Vision d'Escaflowne par exemple.
A notre grand désarroi la musique est jolie mais passe un peu inaperçue dans les moments clés alors qu'elle aurait pu donner de la substance à cet OAV, lui apporter une sincerité
et de la plénitude dans son expression (quelques exceptions et réussites tout de même avec le générique d'introduction, superbe) et faire passer le courant entre les scènes, mais ce n'est pas le
cas et on s'ennuie un tout petit peu devant cette histoire trop
elliptique, et on voit petit à petit le charme de cet OAV s'affaisser, dans un format trop court pour bien s'exprimer. Ce qu'il manque aussi à Tales
of Phantasia pour vraiment s'imposer, c'est un peu de non-conformisme, de la singularité dans le style et surtout du caractère...
Bilan : un visuel très efficace, mais une série trop courte qui ne prend pas la peine d'installer les bases de son scénario, les personnages restent donc trop creux et on ressent une certaine
distance avec le fond, un manque d'imagination et d'empathie envers nos héros, une identification qui aurait dû être une priorité dans la création de cet OAV, plutôt que de se
contenter de nous gaver de plans qui rapêllent très fortement le Seigneur des Anneaux de Peter Jackson.
Morale : Tales of Phantasia contient un récit qui sait se montrer passionnant quand on arrive à le cerner, mais rappelons qu'il est toujours aussi difficile de raconter une
histoire de voyage dans le temps sans perdre le spectateur en route, alors ne soyons pas trop exigeants et jouissons avec appétance de cet OAV de bonne facture.
Notation : --> Scénario : 6/10 (insuffisant tout simplement)
--> Graphismes : 8/10
--> Doublage : 6.5/10 (passe pratiquement inaperçu)
--> Puissance : 7/10
--> Musique : 7/10 (de bons passages mais trop discrète dans l'ensemble) Total :6.9/10
:
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