-
Genre : SF / Anticipation / Guerre / Drame
-
Auteur : Ozawa Satoru (manga) / Hiroshi Yamaguchi (script)
-
Studio : Gonzo
-
Année de production : 1998
-
Licence : Oui
-
Nombre d'épisodes : 4 OAV : 3x 30 mins + 1x40 (final)

Pour sa toute première
production en 1998, le studio
Gonzo Digimation choisit d'adapter le manga d'Ozawa Satoru
Ao no Roku Go pour en faire
Blue Submarine n°6. Le pari est aussi
risqué que prometteur pour un premier essai, car personne n'aurait reproché a
Gonzo de débuter par une oeuvre plus consensuelle pour s'installer sur le marché...Saluons donc, avant même
d'en analyser le résultat animé, ce choix d'un auteur engagé qui porte une analyse poignante sur l'état actuel de sa planète et sur les risques qu'elle encoure dans un futur proche, un mangaka qui
s'est spécialisé dans l'univers sous-marin et ses thématiques universelles au point qu'on se demande (il écrira deux autres mangas assez similaires :
Submarine 707R en 2003 et
Tide Line Blue en 2005) s'il connaît une perpétuelle "période bleue" ou si c'est un maniaque compulsif obsédé par la mer et les petits poissons...
¤¤¤ Synopsis :
Dans un futur proche, alors que des milliards d'êtres humains ont été rayés de la surface de la Terre par la fonte des calottes polaires, une coalition réunissant
la plupart des nations humaines est rassemblée pour participer au programme Blue Submarine n°6 afin de faire échouer les plans de l'infâme professeur
Zorndyke, un savant fou dont les manipulations génétiques de créatures marines s'attaquent aux survivants.
La résistance s'organise alors sous les mers : dans cette dernière bataille, c'est la survie de l'humanité elle-même qui est en jeu, et elle pourrait reposer sur les épaules d'un ancien pilote
réputé,
Hayami Tetsu...
¤¤¤ Critiques :

Comment sauver le monde en seulement 4
OAV ?... voilà ce qu'on pourrait dire en guise
d'introduction au visionnage de
Blue Submarine n°6. Un
OAV qui se distingue dès
les premiers instants par ses graphismes intrigants : un effet d'optique permanent semble se dégager de l'anime quand on le regarde sans trop faire attention à son coté technique; effectivement
l'ensemble visuel passe plutôt agréablement, bien que sans éclat particulier. Pourtant, en y regardant de plus près on s'aperçoit vite que quelques défauts se cachent sous la volonté évidente de
rapprocher le plus possible ce court
OAV de ce qu' aurait pu devenir un film d'animation (1h 50 d'image environ, tout était possible) mais
Gonzo, par hésitation ou par
peur, ne s'en est pas donné les moyens, préférant ce format et délaissant trop souvent allègrement des détails du
character design et de l'animation, dans les expressions et les mouvements
des personnages, au profit d'un déluge de 3D (style : mettons-en le plus possible, partout, et tant pis si on obtient un bon gros
actioner capharnaümesque à l'arrivée) trés digne du
savoir-faire de ce qui deviendra le célèbre et incontournable studio dont le nom commence par un G (on m'a soudoyé pour laisser entendre que c'etait du
Ghibli !!! mais non ce n'est que du
Gonzo...)
Cependant cette ostensible démonstration de force graphique affecte la compréhension globale car, même si c'est beau, le
mecha design de Shoji Kawamori (
Macross Plus) est
superbe ("oh regarde papa un dauphin !! non, mon petit c'est un superbe sous-marin customisé")
Blue Submarine reste tout de même assez limité par un manque de réalisme et une
énergie débordante pas toujours maîtrisée qui prend le pas sur l'efficacité de la narration et lui confère une atmosphère insaisissable, oscillant constamment entre aventurisme inspiré et overdose
pesante.
La bande-son participe elle aussi à renforcer cette ambiance déconcertante, sorte d'hybride entre un plagiat totalement raté de
Cowboy Bebop (référence ultime au niveau de
"l'
actioner futuriste sur fond de musique funky") et un agglomérat de musique d'ascenceur jazzy d'un goût assez douteux.
On est alors un peu inquiets...
Blue Submarine saura-t'il échapper au malheureux destin de tous les
OAV auto-promotionnels type "je montre ma technique et vous
devriez juste m'applaudir avec des yeux ronds sans faire attention à la compréhension de l'histoire ni même prendre la peine de créer une ambiance homogène ?
Après deux épisodes assez moyens remplis de scènes d'action injustifiables, virevoltantes et ahurissantes mais difficiles à suivre, qui suffisent heureusement à nous tenir en haleine devant un
script qui manque d'étoffe et de profondeur, qui arrivent à peine à poser les bases scénaristiques minimales, l'
OAV parvient enfin à prendre de la

hauteur et du recul, du contenu et de
l'émotion autour de la réflexion sur l'élément marin plein de symbolisme dans l'anime, cet élément porteur de vie envahi par des armes de destruction et de mort...
Dénonciation onirique, partiellement empirique et anticipatrice des dérives du progrès scientifique doublée d'une réflexion écologique alarmante sur les conséquences à long terme des
expérimentations génétiques à outrance, du changement climatique et sur la mégalomanie de ces vilains petits êtres humains si inconscients. Dommage que ces bonnes intentions ne se révèlent que trop
souvent des thèmes relégués au second plan par la faute du montage découpé à la hache par un manchot aveugle qui met en exergue des images de

synthèses classieuses au
détriment de la caractérisation des personnages ou de pensées écologico-civilisationnelles trés intéressantes.
Tous les ingrédients de base sont donc réunis pour accoucher d'une oeuvre de science-fiction aux horizons captivants et complètement d'actualité, et c'est d'autant plus irritant de voir les efforts
du futur grand studio
Gonzo pour nous servir une
3D à couper le souffle tandis que la linéarité de la narration en prend un coup...
Blue Submarine est
donc un premier essai intéressant, engagé et novateur, au point de laisser un étrange parfum d'imperfection entâcher l'intégralité du produit fini. Puissant ou consternant, ce sera à chacun de
juger car la subjectivité du spectateur est nécessaire pour apprécier une telle oeuvre, si personnelle et difficile à cerner. Un conseil : le revoir plsusieurs fois pour prendre du recul.
¤¤¤ Notation :
--> Graphismes : 8/10 (du superbe et du trés moyen mélangés)
--> Scénario : 8/10
--> Doublage : 6/10
--> Puissance : 7/10 (confond parfois vitesse et précipitation)
--> Musique : 6/10
Total : 7/10
Bonus Clip : Trailer
Commentaires