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Ce blog consacré aux critiques et actussur les animes, les dramas, les films asiatiques et les mangas est développé en coopération avec : ---->DDL et Torrent / D et T : http://news-mangas.over-blog.org/
Drama bien plus adulte et sérieux que ceux présentés précédemment, Sapuri (2006) traite de l'entrée dans le monde du travail et de l'univers impitoyable de la publicité.
Ishida Yuya est un jeune homme sympathique et désinvolte qui profite de la vie de petits boulots en petits boulots. Minami Fujii est une publicitaire acharnée et renfermée dont la vie sociale est asphyxiée par le travail. Ces deux destins qui n'ont à priori rien en commun vont se croiser par hasard au détour d'un portable oublié dans le train par Yuya. Voyant ce téléphone abandonné sur une banquette se mettre à sonner, Minami va y répondre et faire la connaissance d'un jeune homme qui souhaite qu'elle vienne lui rapporter son téléphone car il doit se présenter à un entretien. Exaspérée par son comportement, elle lui raccroche au nez et laisse le portable aux objets trouvés de la gare. Un peu plus tard à l'agence de publicité, plongée dans son boulot, elle entend tout à coup une sonnerie qui lui semble familière...
Sapuri n'est pas une série hors du commun, plutôt une sympathique tranche de "vie quotidienne" qui se laisse regarder facilement pour passer un moment agréable mais qui a le mérite d'attaquer le sujet vu et revu du triangle amoureux sous un angle plus mature et intéressant que la plupart des dramas et animes : la passion débordante d'un adolescent pour une femme plus agée qui, à déjà 28 ans fait partie de ces femmes d'affaires qui n'ont plus beaucoup de temps pour se chercher un mari. En effet à travers l'oeil curieux et observateur d'un jeune stagiaire dynamique qui intègre le monde du travail, on est plongé dans l'univers captivant de la publicité avec toute sa vitalité, sa dureté et son esprit de compétition. Les rebondissements s'enchaînent à la même vitesse que les idées fusent dans l'esprit enfiévré d'un publicitaire et la forte personnalité du héros (Kazuya Kamenashi, qui a mûri depuis Nobuta wo Produce et se révèle encore meilleur) ainsi que son contraste avec le caractère posé et pragmatique de sa partenaire féminine (la belle Misaki Ito, bien plus "humaine" et naturelle que dans Densha Otoko) donnent un certain charme à la série.
On prend beaucoup de plaisir à suivre l'impact de l'intrusion d'Ishida Yuya dans la vie et le travail de ses collègues dont il va bouleverser la routine aussi bien dans le cadre des relations professionnelles pour certains que dans le milieu familial pour son patron, le processus de création d'une publicité est plutôt bien rendu et trés intéressant (surtout le rythme ahurissant de travail fourni par les cadres japonais) et les relations qui se nouent petit à petit entre les différents personnages sont amusantes et légères (on n'échappe pas bien sûr aux habituels quiproquos, trahisons et badinages amoureux).
Le triangle amoureux (qui est même souvent un rectangle voire plus à l'occasion...avec la participation active entre autres de l'inquiétante Ryo, vue dans Alive) a son interêt mais à tendance à devenir répétitif, le plaisir qu'il procure est assez irrégulier et au final le côté romantique est un peu moins bien réussi que l'environnement professionnel car on finit par tourner un peu en rond. Sapuri est donc une série sans prétention, agréable et facile à suivre, qui ne fait pas partie des meilleurs dramas mais qui gravite avec aisance dans un univers encore assez méconnu du spectateur occidental : le monde du travail japonais est ici bien développé et accessible, on se rend compte que ce monde si souvent décrié a su se dégager de certains clichés mais en a aussi gardé d'autres (je vous laisse le plaisir de les découvrir par vous-mêmes).
Tout cela en plus d'une jolie petite histoire d'amour, d'une trés bonne prestation générale des acteurs et de la naissance d'une vocation chez le jeune héros (et peut-être chez le spectateur) qui nous transmet la force de sa marche en avant déterminée font de Sapuri une série idéale pour se changer les idées sans trop se fatiguer à réfléchir.
Sapuri :11 épisodes, série non licenciée
Tous les épisodes disponibles en streaming ICI !!! (bientôt)
Notation : --> Réalisation : 7.5/10 (rien de bien original) --> Scénario : 8/10 --> Acteurs : 8.5/10 --> Puissance : 7.5/10 (les scènes de tendresse sont ratées) --> Musique : 7/10 Total : 7.7/10
Un énorme coup de coeur pour cette série remarquable sortie en 2005 et qui a remporté de nombreux prix au Japon (notamment pour la réalisation, le script, la musique et les acteurs principaux)
Shuuji est un lycéen populaire et apprécié de tous ses camarades, qui a pour habitude de venir saluer son arbre préféré tous les matins avant d'aller en cours. Mais un jour funeste un chantier s'installe et la magnifique peuplier disparaît. Paniqué, Shuuji découvre à côté de son anicenne place une jeune fille débraillée et effrayante qui pleure elle aussi la perte de l'arbre. Quand il arrive enfin à l'école, il apprend qu'une nouvelle élève est attendue dans sa classe. N'en croyant pas ses yeux, il voit alors cette même jeune fille timide entrer et s'asseoir au fond de la classe. Elle s'appelle Kotani Nobuko et son comportement particulier va vite lui attirer des ennuis, entre autres le bizutage par la bande de chipies de la classe et un inconnu mal intentionné qui s'en prend à ses affaires... Shuuji et Kusano, un original qui se prend pour son meilleur ami, vont alors décider de "produire" la jeune persécutée pour en faire la fille la plus populaire du lycée...
La qualité première d'un drama tel que Nobuta wo Produce tient dans sa sincérité, cette originalité, cette franchise admirable avec laquelle il traite le thème trés difficile de l'adolescence (sujet complexe et abordé déjà bien des fois et souvent de manière insipide) au travers des relations en milieu scolaire. Ce qui aura
it pu être une énième série dans l'ombre de GTO se révèle absolument passionant car porté par un scénario intelligent et profond qui met en valeur les violences mentales et les petits bonheurs vécus par les élèves au quotidien, tout cela grâce à un sentiment grisant d'identification et de "communication émotionnelle" qui s'installe entre le spectateur et l'univers de Nobuta wo Produce.
Bien que quelques scènes paraissent un peu lentes et répétitives car la série est longue, cette longueur est révélatrice d'une densité scénaristique qui lui permet aussi d'explorer une profusion d'évènements drôles et tristes dans et en-dehors de l'école avec un humour et une légèreté qui crédibilisent l'ensemble et font ressortir de façon encore plus poignante les moments les plus forts. On ne peut pas parler sérieusement de Nobuta wo Produce sans s'extasier sur l'extraordinaire (et je pèse mes mots) prestation de son trio d'acteurs qui remplissent et pénètrent chaque seconde du drama de leurs personnalités débordantes, avec un Shuuji (Kazuya Kamenashi, star montante et aussi héros des dramas Sapuri, Gokusen 2 et Tatta Hitotsu no Koi) au talent en pleine explosion et qui insuffle son dynamisme et sa vitalité à la série, un Kusano (Tomohisa Yamashita, à l'affiche de Kurosagi et Dragonzakura) totalement habité par son personnage à fleur de peau et vraiment excellent, et enfin une Nobuta (Horikita Maki, déjà
remarquée dans Densha Otoko mais aussi actrice dans quelques films et dans Kurosagi) trés attendrissante et capable de véritables transformations (Je l'avoue, j'ai un gros faible pour elle...), et n'oublions pas les seconds rôles qui sont presque tous géniaux et bien interprétés.
On se sent donc trés rapidement captivés par le destin de ces trois fortes personnalités et les épisodes s'avalent tous à la suite avec appétit (Itadakimasu !) sans jamais nous décevoir. Un vrai bijou de comédie dramatique scolaire, une surprise qu'on attendait plus tellement le manga culte GTO régnait sans partage sur le genre avec l'empathie qu'il créait entre ses personnages et le spectateur; voici enfin la relève !
A savourer de toute urgence et à faire découvrir à ses amis (pour leur bien).
Nobuta wo Produce :10 épisodes, série non licenciée
Tous les épisodes disponibles en streaming ICI !!!
Notation : --> Réalisation : 9/10 (vraiment au top pour un drama) --> Scénario : 9/10 --> Acteurs : 9/10 (mais comment font-ils ces japonais pour avoir autant de bons jeunes acteurs ?) --> Puissance : 9/10 --> Musique : 9/10 Total : 9/10 (dur à calculer cette fois-ci...)
Reprenons ce qui est devenu sans le vouloir notre "cycle Ryuhei Kitamura" avec un film intitulé Alive (un titre simple et pourtant trés
riche de sens ne permettant pas de savoir à quoi on doit s'attendre...) , ovni sombre et prometteur sorti en 2002 et adapté du manga éponyme de Tsutomu Takahashi.
Dans une prison (futuriste), un condamné à mort est emmené hors de sa cellule par des soldats jusqu'à la chaise électrique. On l'installe sur le siège, puis le gardien abaisse le levier et la
décharge fait son office... Etrangement, le prisonnier n'est pas tué par le choc. Le directeur de la prison lui donne alors deux options : vivre, ou recevoir une autre décharge. Yashiro Tenshu va choisir le première option, mais il ne sait pas vraiment ce qui l'attend....
Dès les premières secondes du générique, on se retrouve comme lobotomisés par la bande-son entêtante qui rythme la marche vers la mort et nous plonge dans une sorte de transe. Entre cette ouverture
à l'atmosphère viscérale et le travelling circulaire enivrant qui suit pour la seconde scène, on se rend tout de suite compte qu'on assiste à l'étalage du talent d'un Kitamura (encore assez méconnu à l'époque) survolté et passionné par son sujet, qui nous soumet comme une sorte d'invitation l'évantail de
toutes ses techniques apprises avec son premier succès (Versus). On ne peut que se réjouir qu'il réapplique cette recette (surtout que sa technique s'est
encore affinée depuis !) et on clame haut et fort : enfin un bon film d'anticipation original et prenant !! Merci Ryuhei !!
L'idée de base est absolument géniale, une sorte d'expérimentation "in vitro" de la cohabitation forcée, un peu comme un loft story
carcéral pour meurtriers, bien glauque et qui donne à réfléchir en poussant le spectateur à se poser des questions par lui-même sur des
notions comme les relations humaines, la haine, la violence, le meurtre, la vengeance, la vie et la mort, la solitude, l'enfermement, la folie et
tous ses mécanismes...
On ne sait trop comment, Kitamura a pour une fois réussi à trouver en même temps une histoire (il a co-scénarisé le film avec
l'auteur du manga) et des acteurs crédibles et étonnemment talentueux (il faut dire que leur performance est multipliée par l'extraordinaire travail de mise en scène fourni par le réalisateur
vraiment inspiré cette fois-ci, ce qui n'est pas toujours le cas comme on a pu le voir avec Skyhigh en 2003...) avec
deux habitués des films de Kitamura : Hideo Sakaki et Tak Sakaguchi (présents tous les deux dans Versus, Azumi, et Battlefield Baseball réalisé par l'assistant de
Kitamura) et pour les fans de drama la bad girl Ryo (dans
Sapuri, mais aussi Azumi et le
Gemini de Shinya Tsukamoto).
Alive est un film d'ambiance avant tout, sombre, glauque et dérangeant, asphyxiant même dans la première partie (avec des sensations
claustrophobiques semblables à celles que nous procure Cube, le chef-d'oeuvre de Vincenzo
Natali), et la bande-son ainsi que la
couleur à dominante grise omniprésente nous aspire dans ses
méandres cauchemardesques. Le découpage en forme d'étapes d'une expérience de laboratoire est original et trés rythmé et permet toutes sortes de libertés fantaisistes au réalisateur.
Au final un trés bon huis clos ténébreux, chaotique et morbide mais qui manque un peu de profondeur psychologique et d'un réel travail philosophique pour délivrer toute sa puissance émotionnelle et
artistique (on peut aisèment faire quelques parallèles avec les scènes d'action et de noirceur de Matrix, trés efficaces et nombreuses mais qui prennent trop
le pas sur le fond anticipatif) cependant les fans d'arts martiaux trouveront aussi leur compte avec un derniers tiers rempli d'affrontements jouissifs.
Une incursion assez réussie dans un univers trés difficile à traiter, même si on a l'impression que le film ne va pas jusqu'au bout des promesses qu'il nous fait miroiter.
Un exercice de style glauque et visuellement fascinant.
Alive (2002) : 1h50
Notation :
--> Scénario : 8/10
--> Réalisation : 9/10 (quelle inventivité tout de même !)
--> Acteurs : 7.5/10
--> Puissance : 8.5/10
--> Musique : 9/10 (addictive) Total : 8.4/10
OAV adapté du célèbre (tout est relatif) film de Takashi Miike (Visitor Q, Gozu, la trilogie Dead or Alive et des dizaines d'autres chef-d'oeuvres), Ichi The Killer : Episode 0 est sorti en 2002.
Shiroishi est un jeune homme reservé et un peu lent d'esprit dont le corps est naturellement entraîné au combat, mais qui ne se rend pas compte de sa force et se laisse brutaliser par les autres à cause de son tempérament soumis. La vision de toutes les scènes de violence quotidienne, que ce soit à l'école ou en famille, va avoir un effet dévastateur sur sa sensibilité exacerbée et le transformer en une implacable machine à tuer...
Cet OAV un peu décousu mais bénéficiant d'une ambiance prenante grâce à son traitement original (et à une image finement travaillée presque cauchemardesque par moments) tente de nous retransmettre toute la furie et la violence contenues dans l'oeuvre de Miike, mais constitue avant tout ce qu'on peut appeler une préquelle, c'est à dire qu'il se concentre sur les origines du personnage de Ichi et sa construction : la première scène est la même que celle du film mais ensuite la majorité de l'histoire est un flashback qui nous fait vivre la transformation de Shiroishi en Ichi. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'il est justement intitulé "Episode 0", il agit comme un révélateur, à l'image d'un Ring 0 (dernier épisode et préquelle de la trilogie Ringu) sans pour autant gâcher le film original.
Les thèmes principaux abordés sont donc beaucoup plus centrés sur le mécanisme de la violence et sur le personnage lui-même au travers de tous les traumatismes qu'il subit dans son entourage, que ce soit dans sa famille ou à l'école (on voit d'ailleurs toute la pression mise sur un lycéen persécuté par ses camarades, phénomène trés courant au Japon où la
concurrence est impitoyable et qu'on appelle le bizutage ou "bullying" en anglais).
On a le droit a quarante minutes d'une animation ultra-enervée renforcée par une bande-son hallucinée, une expérience ultra-violente, gore, érotique et glauque où les émotions extrêmes d'Ichi sont exprimées par des monochromes dérangeants et des scènes abominables qui vous soulèvent les tripes.
Déconseillé aux âmes sensibles, Ichi The Killer : Episode 0 est un OAV détraqué et pervers aux graphismes modernes et inventifs mais inconstants, qui plaira à coup sûr aux fans du film mais aussi à tous ceux qui veulent comprendre le processus qui mène à la folie meurtrière. On n'est pas vraiment séduit au début, mais on ne peut s'empêcher de rester figé devant la suite de l'anime avec un plaisir malsain. Une trés bonne surprise, mais à ne pas mettre en toutes les mains.
[A savoir : un film nommé "1-Ichi" a aussi été tiré de ce même manga en 2003 par Masato Tanno et reprend ce retour aux sources du personnage, il consitue la préquelle cinématographique d'Ichi The Killer mais est beaucoup moins bien réussi que l'OAV et surtout n'arrive pas à la cheville du chef-d'oeuvre de Miike, même s'il reste intéressant.]
OAV disponible en streaming ICI !!! (bientôt)
Notation : --> Graphismes : 8/10 (inconstants mais des images trés travaillées) --> Scénario : 8/10 --> Doublage : 8/10 --> Puissance : 8.5/10 --> Musique : 9/10 Total : 8.3/10
On retrouve encore une fois notre cher Ryuhei Kitamura dans sa quête de retour aux sources du film de sabre japonais avec Aragami, métrage d'1h20 fait par un fan de duels pour des fans de duels et pour se défouler...
Un soir de pluie, une jeune femme qui s'occupe d'un temple perdu dans les montagnes voit arriver deux soldats blessés, l'un portant l'autre inconscient sur ses épaules. Au réveil, le survivant est
accueilli par le maître des lieux, un homme à l'aspect plutôt énigmatique. Il apprend que son compagnon n'a pu être sauvé, et veut ramener son corps chez lui afin qu'il recoive les honneurs qui lui
sont dûs. Mais l'orage ne s'arrête toujours pas alors l'étrange propriétaire invite le "samuraï" a passer la nuit au temple pour lui tenir compagnie...
Encore une fois (après Versus et Azumi), Kitamura applique le procédé qui a fait son succès : prendre une histoire classique et y
imposer sa patte moderne en mélangeant les scènes et les personnages traditionnels avec des décors et des plans stylés à outrance (omniprésence du noir et du violet avec un résultat plein de classe
mais qui ne correspond pas toujours à l'ambiance classique de l'idée du postulat de départ...). Une fois ces ingrédients assemblés, le réalisateur laisse prendre la sauce, ajoute un soupçon de
mystère puis laisse son génie artistique et visuel faire le reste du travail.
Autant vous prévenir tout de suite, Aragami n'est pas vraiment un film d'action car il tente de se poser en héritier des films de
sabre japonais classiques avec ses face-à-face interminables, ses longues scènes de contemplation muettes et ses longues tirades exaltées... Heureusement que ce réalisateur énervé qu'est
Kitamura aime autant faire réciter des divagations philosophiques à ses personnages que les pousser à se taper dessus à coups de
katanas !!
Comme d'habitude, l'interêt réel du film est situé dans son atmosphère, la qualité de la chorégraphie des combats et le soin apporté aux détails... Avec profusion de plans obliques (des centaines,
mais on adore ça) et d'humour noir, le réalisateur arrive petit à petit à rendre
plutôt jouissif ce qui nous paraissait indigeste au départ, grâce à un peu de cynisme et d'auto-dérision qui sauvent le film du ridicule.
Mais comme il ne faut jamais en demander trop, les acteurs sont là pour vous le rappeler : ils ne jouent pas trés bien (en ralité la fille se débrouille plutôt bien mais elle n'a pas de
texte...enfin si trois lignes à la fin...) et n'apportent pas la crédibilité ou le badinage qu'on attend d'eux lors des joutes verbales (même si celles ci sont savoureuses à bien des moments, comme
par exemple pour le choix des armes) sauf bien sûr au niveau des cascades et des combats qui sont bien réglés et convaincants (en même temps on ne peut pas toujours être un bon comédien et un bon
cascadeur, la preuve il n'y a que Jackie Chan qui y arrive...).
Aragami est donc un petit conte fantastique, une de ces légendes des campagnes japonaises qui distribuent des morales à la pelle avec une logique implacable, le tout dans une amibance morbide et
parfois ennuyeuse mais on doit le reconnaître beaucoup plus abordable pour un public jeune et "Gaijin" (non-japonais) que beaucoup de
films de sabre japonais réservés aux puristes.
On pourrait facilement dire que ce film est bidon mais on se laisse progressivement prendre au jeu absurde qui s'installe entre les deux hommes, grâce aussi à une
bande originale trés réussie mélant sonorités modernes et traditionnelles et de jolis gestes martiaux au
programme.
Aragami reste quand même loin de la qualité d'un Versus (film qui a fait connaître Kitamura en 2000) ou d'un Azumi (sorti juste après Aragami,
et certainement pas avec le même budget...), mais le talent de son génial réalisateur le fait sortir un peu du lot des films de sabre modernes (on doit reconnaître l'effort fait pour moderniser le
genre, c'est quand même bien mieux qu'un film américain qui tenterait de faire une incursion dans ce genre typiquement japonais) et il devrait satisfaire ses fans, les fans de duels au katana et de
jeux vidéos du même genre.
A la limite du bidon mais grisant et originalement mis en scène.
Notation :
--> Réalisation : 8.5/10 (virevoltante et grisante mais moins inspirée que pour Azumi)
--> Scénario : 7/10
--> Acteurs : 6.5/10 (heureusement que le les combats sont crédibles...)
--> Puissance : 7/10
--> Musique : 8.5/10 Total : 7.5/10
¤¤¤ Liens torrents disponibles :
- http://www.scrapetorrent.com/Search/index.php?search=phantom%20the%20submarine&sort=name&rd=&fz=&fp=
- http://www.mininova.org/search/?search=aragami
Dès les premières images et le générique d'introduction, on est impresionné par la qualité technique et graphique de cette série sortie en 2006 et intitulée Jyu ô Sei (La planète du Roi des bêtes) qui va à n'en pas douter vous couper le souffle.
Dans un futur trés lointain (2436), deux frères jumeaux, Thor et Rai, contemplent la Terre depuis la cabine d'une station spatiale. Le premier, Thor, rêve de devenir pilote et d'aller sur la Terre pour connaître enfin autre chose que des parois métalliques glaciales. Son frère Rai, beaucoup moins impétueux, souhaite d'abord suivre la trace de ses parents pour devenir scientifique. Mais quand ils rentrent dans leurs quartiers leur vie bascule alors qu'ils retrouvent leurs parents baignant dans leur sang. Ils sont alors endormis par un nuage de gaz et se réveillent quelques heures plus tard à bord d'une capsule de survie en pleine jungle...la lutte pour la survie commence car ils n'ont pas le choix. Pourquoi a-t'on assassinné leurs parents ? qui sont les auteurs de cet odieux crime ? et comment se sont-ils retrouvés sur cette planète inconnue et hostile ?
Jyu ô Sei ne laisse absolument aucun répit au spectateur tellement les rebondissements initiaux s'enchaînent à une vitesse quasi-hallucinante dans un incipit fracassant avant de planter définitivement les bases et le fond d'un scénario ambitieux (le tout en nous mitraillant d'informations et de détails temporels et spatiaux qu'on a à peine le temps de digérer). Voilà, le décor est planté, alors place à l'action ! Avec une implacable efficacité, Jyu ô Sei va vous assèner son cocktail explosif d'action / réflexion / SF dans un univers contrasté aussi futuriste d'un côté que primitif de l'autre (ou post-apocalyptique selon les sensibilités) et propice à toutes les expérimentations civilisationnelles, morales, sociales et politiques. Cet univers efficacement mis en place par l'auteur lui permet d'analyser une utopie aussi crue que cruelle où les relations entre les personnages se singularisent par un mélange d'authenticité et de mensonge. C'est toute cette complexité qui nourrit l'impact et la puissance intellectuelle et émotionnelle de cet ambitieux projet.
Difficile de ne pas penser à la célèbre fratrie Elric de Full Metal Alchemist quand on voit pour la première fois Thor et Rai (le côté orphelins revanchards, la générique de début...) On ne peut pas reprocher à Jyu ô Sei de s'inspirer du principe qui a connu un tel succès, et la série est d'ailleurs dotée d'une qualité graphique (animation et character design) au moins égale si ce n'est supérieure à son exemple. Ce character design trés réussi est trés proche de celui du film Vision d'Escaflowne (sorti en 2000) et on retrouve sans conteste le lyrisme épique et dévastateur de la série culte du même nom dans son héritier Jyu ô Sei, qui s'inspire aussi de plusieurs autres aspects les personnages, la planète inconnue...). Mais Jyu ô Sei n'est pas une série qui s'amuse à plagier ses prédecesseurs loin de là, elle reprend juste le meilleur de ses aînés et réussit à s'en éloigner pour se l'approprier, l'intégrer à son univers bien distinct et se forger sa propre essence. En fin de compte le seul défaut qui empêche Jyu ô Sei de se hisser au niveau de ces séries est le script lui-même. En effet après les deux premiers épisodes le récit s'enchaîne beaucoup trop vite, sans nous laisser le temps d'explorer un arrière-plan trés riche. On passe à coté de bien des choses, et c'est le comble pour un anime aussi bien produit et aussi beau. Les sentiments ont dû mal à nous atteindre et ont se retrouve avec 11 épisodes trop condensés (alors que la série aurait mérité le double ou le triple au niveau du nombre d'épisodes), qui ne se montrent pas toujours à leur juste valeur (ni à la hauteur des deux premiers et des deux derniers épisodes, tout simplement excellents) avec un déroulement narratif vraiment incomplet qui amène trop rapidement à l'épilogue qui lui heureusement reste trés intéressant (voire ahurissant si on prend le temps de bien réfléchir à l'envergure humaniste des thèmes abordés) avec ses théories passionnantes et son rythme percutant.
Jyu ô Sei est un anime trés moderne (voir déjà rien que les génériques et le style de la bande-son et son utilisation à contre-temps presque tout au long de la série), onirique et violent, qui annonce avec brio une nouvelle génération d'animes plus beaux, plus forts et plus ambitieux (génération qui a débuté avec Full Metal Alchemist, et dont Utawarerumono fait partie dans une moindre mesure) et qui bouscule le genre SF / Heroic fantasy en imposant ses nouveaux standards (avec de vrais univers à part entière, totalement crédibles et servis par un fond scénaristique en béton armé). Appréciez donc sans crainte cette épopée SF au potentiel infini, simplement desservie par des détails et des dialogues trop souvent inconstants (voire inconsistants) et une idée de départ trés intéressante mais vraiment pas exploitée à son maximum à cause d'un format trop court.
Jyu ô Sei reste un anime à ne rater sous aucun prétexte, au moins pour être témoin de cette nouvelle ère de la japanimation moderne qui se met (ou remet) à considérer avec sérieux et ambition le genre SF. Un diamant brut, fragile et magnifique à la fois.
Jyu ô Sei :11 épisodes, série non licenciée (pour l'instant)
Tous les épisodes disponibles en streaming ICI !!!
Notation : (exceptionnellement, les notes sont ici basées autant sur le potentiel que sur la réalité de la série) --> Graphismes : 9.5/10 (aboslument superbes) --> Scénario : 9/10 (seul le script pèche dans son déroulement) --> Doublage : 8.5/10 (aurait pu et dû être meilleur) --> Puissance : 8.5/10 (les personnages ont du mal à faire passer les émotions) --> Musique : 9.5/10 Total : 9/10
Densha Otoko est l'un des dramas japonais les plus célèbres, il est sorti en 2005 et a connu un grand succès sous de nombreux supports (roman, manga, film, drama), notamment dû à la polémique sur la prétendue véracité de l'histoire.
Yamada est un "otaku" jusqu'au bout des ongles (et même jusque sous la peau...). Il est puceau, débraillé, affreusement timide et mal à l'aise avec les femmes et passe le plus clair de son temps sur son ordinateur et à traîner avec ses potes "otakus" dans Akiba (Akihabara, le quartier de Tokyo consacré aux mangas, jeux vidéos, etc...) pour s'extasier sur les jeunes "Seiyuu" (doubleuses voix) de ses animes préférés. Yamada est vraiment pitoyable, et les gens le considèrent comme un parasite (même sa soeur le déteste).
Mais un soir dans le train sa vie va basculer. En effet il aperçoit assise en face de lui la plus belle femme qu'il ait jamais vu, une demoiselle angélique et parfaite en tous points qui lui paraît bien entendu totalement inaccessible. Galvanisé par ce coup de foudre, Yamada va réussir à la sauver (plus ou moins...) des griffes d'un vieil alcoolique un peu trop pressant. Complètement bouleversé par cet incident, le jeune homme va confier en rentrant sa rencontre et son exploit sur un forum de célibataires. Le surlendemain, il reçoit un cadeau de remerciement de la part de la jeune femme. Prêt à tout pour poursuivre ce rêve, Yamada pourra compter sur l'aide de ses compagnons d'infortune pour devenir un homme capable de conquérir la belle "Hermes".
Densha Otoko est une série débordante de sentiments et d'émotions dont le principal atout est l'extraordinaire empathie solidaire qui se met en place entre Yamada et les participants (les accros plutôt...) du forum. Ceux-ci sont trés nombreux, diversifiés et nous montrent des caractères trés réactifs à chaque nouvelle situation, balançant constamment entre l'aide, le dévouement, la remise en question et l'abandon. Ces scènes hilarantes qui font se succéder les interlocuteurs à la vitesse du son sont particulièrement bien réalisées et constituent le
schéma qui ajuste le rythme de la série (pour contrôler les réactions et relancer l'interêt du spectateur à chaque nouvelle étape de la relation entre "Densha" et "Hermes"); une trés bonne idée donc même si à la longue elles paraissent trop répétitives et envahissantes (voire interminables).
Si le pitch ressemble trait pour trait à un conte de fées modernisé ("Densha" serait le crapaud répugnant et "Hermes" la jolie princesse enfermée et menacée par de nombreux dangers...), l'environnement scénaristique du "drama" est trés riche, rempli de rebondissements émouvants (les scènes burlesques et celles plus déchirantes s'enchaînent sans jamais nous laisser le temps de souffler) et d'une analyse trés poussée des petits traumatismes quotidiens de la société japonaise : la pression sociale, les conditions de travail, les mariages arrangés, le divorce, le harcèlement, la famille...
La performance de l'acteur qui tient le rôle de Yamada, (Atsushi Ito), est impressionnante dans sa composition du gentil "otaku" tellement il porte la série sur ses épaules, Saori est un peu trop "plate" dans son jeu (Misaki Ito, visible aussi dans Sapuri) car traitée comme une
"poupée intouchable", même si sa beauté irradie et que le rôle lui correspond vraiment, et les seconds rôles sont intéressants et bien campés (entre autres stars Miho Shiraishi qui joue aussi dans Sapuri, Eriko Sato l'héroïne du film Cutie Honey et la superbe Horikita Maki à l'affiche de Kurosagi et Nobuta wo Produce).
Précipitez-vous donc sur Densha Otoko, qui vous fera vivre une expérience humaine et amoureuse rafraîchissante et originale, sublimée par son anti-héros fragile et attachant (il en fait parfois un peu trop, mais c'est là tout le charme de la série). Malgré quelques défauts (quelques longueurs surtout) un peu dérangeants, ce "drama" vous passionnera à coup sûr.
Fortement conseillé aux célibataires désabusés et à tout ceux qui croient encore au pouvoir de l'amour (comment ça ce sont les mêmes ? mais non les couples heureux seront aussi séduits par cette attachante série).
A regarder avec un grand sourire.
Densha Otoko :11 épisodes (+1 spécial avec les commentaires des acteurs)
+ 1 double épisode "spécial deluxe" (1h30) avec une proposition de mariage en perspective et une nouvelle menace qui se dresse entre Densha et Hermes !!!
Tous les épisodes disponibles en streaming ICI !!!
Notation :
--> Réalisation : 8.5/10 (imparfaite mais pleine de bonnes idées)
--> Scénario : 8/10 (un peu redondant sur la fin)
--> Acteurs : 8.5/10
--> Puissance : 9/10 (d'une émotion débordante)
--> Musique : 8.5/10
Total : 8.5/10
Bonus clip : le magnifique opening animé de Densha Otoko !!! (avec un superbe personnage original créé pour l'occasion et qui a necessité des centaines d'heures de travail)
Vous aimez les comédies en milieu scolaire à la sauce GTO ? Vous allez être servi avec Gokusen, anime sorti en 2004 ("gokusen" signifie gangster en japonais).
L'histoire commence dans un lycée bourré de "yankees" de base (yankees = voyous ou jeunes délinquants au Japon), tous plus stupides, violents et indisciplinés les uns que les autres. Quelle n'est pas leur surprise quand ils s'aperçoivent que les deux nouveaux professeurs qui viennent d'être engagés par leur pervers de directeur sont en réalité des femmes, une aubaine pour ces rebuts de la société ! Mais elles sont plutot différentes, car si l'une est bien roulée et provocante, ce qui lui permet de mettre plus facilement les garçons dans sa poche, la seconde, Kumiko, porte des lunettes et paraît un peu lente d'esprit. Du moins c'est l'impression qu'elle veut donner, car elle est en fait l'héritière d'une puissante famille de "yakusas" ! Elle va devoir tenter de dompter ses turbulents élèves sans user de sa situation sociale, car elle ne veut à aucun prix que son identité sois révélée !!
Le principe même de Gokusen est tout simplement hilarant. La pauvre Kumiko est littéralement entourée d'abrutis : que ce soit au niveau des élèves ou parmi ses hommes de main, il n'y en a aucun (ou presque) pour rattrapper l'autre... Ceci est bien sûr ce qu'on nous laisse voir en surface, car au fil des épisodes ces bons à rien sauront vous réserver de bonnes surprises, ne vous inquiétez pas. On ret
rouve donc avec plaisir dès le début de la série tout ce qui fait le succès du genre "comédie scolaire" derrière une façade un peu trompeuse : baston, amitié, solidarité, bons sentiments et une bonne dose d'auto-dérision qui ne fait que rendre l'anime plus agréable.
Entre clacissisme et parodie, cet anime met en place un fond humoristique bien défini qui lui permet ensuite de régler plus sérieusement ses comptes avec des problèmes japonais contemporains trés caricaturaux : les "yakusas" sont montrés encore une fois bien plus sympathiques et drôles qu'ils ne devraient l'être (comme une sorte de spécificité culturelle que le Japon mettrait en avant par fierté) et Kumiko (accompagnée de son chien semi-bipède en survêtement rouge....), sorte de pendant féminin de notre cher Onizuka de GTO (en plus violente quand même...) en profite pour remettre ses jeunes étudiants dans le droit chemin (un gros problème pour la société japonaise actuelle).
Gokusen est un anime bien plus intéressant et généreux (humainement parlant) qu'il n'y paraît au premier abord, et même si le manque certa
in d'épisodes l'empêche d'aller jusqu'au bout de ses possibilités, la rencontre entre des personnages aux personnalités originales et trés différentes amène un plus non négligeable au charme de la série. Le "character design" est un peu bizarre mais assez bien adapté au caractère "mafieux" des personnages, et il faut parfois être au fait de quelques points spécifiques de culture japonaise pour cerner le comique de certaines scènes, mais ce handicap et les défauts en général restent rares (si vous connaissez déjà bien le monde des animes de "yakusas" tout ira bien, sinon c'est une bonne occasion pour le découvrir !).
Gokusen s'avère au bout du compte surprenant et vous en apprendrez bien plus que vous ne le pensez sur la vie et les lois des yakusas et sur l'échec scolaire confondus (soyons ironiques...), tout en étant assurés de rigoler un bon coup. Une bonne alternative qui sait se démarquer quand il le faut de sa référence (GTO), sans pour autant se hisser à son niveau (c'est un peu normal aussi vu le statut cultissime de son prédecesseur). Une série trés intéressante à savourer pour son humour et ses personnages sincères. Cynique et original, et surtout "mafieusement drôle"
[A savoir : Fort de son succès, Gokusen a aussi été décliné en "drama" ou série "live" de deux saisons, article à paraître dès que possible sur Dwarfanime, en attendant vous pouvez toujours jeter un coup d'oeil là : http://ghostdog.blog.mongenie.com/index.php?idblogp=293094]
Gokusen :13 épisodes, série licenciée
Notation : --> Graphismes : 8/10 --> Scénario : 8.5/10 --> Doublage : 9/10 (l'accent "yakusa" est bien rendu et jouissif) --> Puissance : 8/10 (des scènes parfois un peu sous-exploitées) --> Musique : 8.5/10 (génialement inspirée par l'univers "yakusa") Total : 8.4/10
Cette semaine, une petite vidéo pour vous faire découvrir un jeu qui ravira sûrement les fans d'animes et de mangas en tout genre (et surtout les otakus et tous ceux qui aiment la culture et la musique japonaise).
Le représentant le plus connu de la musique japonaise qu'est la J-POP vient de voir sortir au Japon une vitrine qui lui permettra peut-être de toucher un plus large public, bien que ce soft semble surtout dirigé vers un public de connaisseurs.
Le principe de The Idol Master est simple : dans ce jeu de stratégie et de simulation, le joueur aura pour objectif d'assurer le rôle d'un producteur de musique chargé de trouver et de créer la nouvelle star (enfin la nouvelle "Idol")
Le jeu s'inspire directement de toutes ces petites starlettes éphémères qui emplissent la scène japonaise et qui cumulent les responsabilités de danseuse, chanteuse et reine de beauté à la fois. Si vous êtes fans de ces petites "Japanese Pop Idols", vous trouverez sûrement votre bonheur en jouant a Idol Master !
En attendant la sortie en France, voici un petit trailer vidéo trés sympathique (malheureusement le jeu n'est prévu pour l'instant que sur XBOX 360) [Gomen nasai si le temps de chargement est un peu long]
(Perso je rêve de jouer à ce jeu lol....)
----> News spéciale : la section "dramas" (définition disponible dans le lexique) ouvre bientôt sur Dwarfanime, qui continue à se diversifier au maximum pour vous offrir la possibilité de découvrir le plus de bonnes séries possibles ! N'hésitez pas à donner votre avis sur cette news et à vous abonner à lanewsletter dwarfanime !!! (en plus c'est gratuit...) Ja nai Kurono-kun
REC est une petite série sortie en 2006 qui impose dès l'entrée en matière son style assez particulier, plein de franchise et de personnalité.
Un jeune homme nerveux attend devant un cinéma, mais celle qu'il éspère ne semble pas venir. Alors qu'il s'apprête à jeter les tickets, il entend une petite voix qui lui dit d'arrêter. Elle provient d'une étrange jeune fille qui semble sortir de nulle part et qui l'entraîne voir le film avec elle pour ne pas gâcher l'occasion. Pendant tout le film, la jeune fille semble vivre les scènes et répète les doublages avec application. En sortant du cinéma, ils vont dîner et le jeune homme apprend qu'elle est apprentie actrice vocale et qu'elle rêve de doubler les plus grandes actrices. Il ne sait pas encore que sa recontre avec cette insouciante demoiselle risque de changer sa vie...
On ne sait pas si c'est dû à sa courte durée (9 épisodes de 12 min) ou a son esprit cynique et subversif à souhait mais REC va droit au but et le résultat est tout simplement rafraîchissant. La série tourne essentiellement autour de la vie quotidienne d'Aka etMatsumaru et met en scène leur étrange relation de manière savoureuse, même si l'ensemble reste toujours bien ancré à la réalité et à la pression mise sur les jeunes adultes par la société japonaise. Cette vision du monde du travail est d'ailleurs souvent efficacement balancée entre caricature libératrice d'un côté et conscience des réalités et hymne à la persévérance de l'autre.
Les caractères et les réactions des personnages sont trés "vrais" sans pour autant cesser d'être drôles, et le "character design" participe à cet équilibre inspiré et original avec son cocktail de
sentiments hésitants entre austérité et vitalité, entre l'ombre et la lumière symbolisés par ses protagonistes mis à nu par un script engagé et frondeur qui ne s'embarasse pas de vaines conjectures pour mieux nous confronter à notre propre intimité, ce qui a pour effet de nous pousser à nous identifier facilement tour à tour à nos deux héros.
On a parfois l'impression qu'il ne se passe pas grand chose, mais l'aspect "rentre-dedans" de REC et la profonde empathie qui s'installe entre le duo Matsumaru / Aka et le spectateur en font un anime accrocheur qu'on ne peut s'empêcher de dévorer épisode après épisode comme si notre main fouillait dans un sac rempli de petites friandises au goût toujours plus doux et surprenant.
REC s'attaque donc au monde de la publicité et du doublage avec passion et sincérité, et cette mise en abyme hante efficacement l'atmosphère de la série sans pour autant s'accaparer son fil conducteur (d'un autre point de vue, on peut aussi juger qu'elle est sous-traitée). Mais le court format de la série (bien trop court, dommage ! même si le récit est dense et amusant, on aurait aimé en avoir un peu plus !!) ne lui permet pas de développer son potentiel au maximum (les personnages secondaires sont un peu plats), même si on ne sent pas vraiment une impression d'inachevé car REC réalise vraiment bien ce qu'on attend de lui : nous raconter une jolie petite histoire et nous redonner un peu de confiance et d'espoir en la vie. Délicieux-ki ! ("Umai-ki !")
REC :9 épisodes (de 12 min chacun), série non licenciée.
Tous les épisodes disponibles en streaming ICI !!! --> en ddl LA !!!
Notation : --> Graphismes : 8.5/10 (toujours agréables dans ces petites productions) --> Scénario : 8.5/10 --> Doublage : 9.5/10 (le sujet est le doublage quand même !) --> Puissance : 8/10 --> Musique : 8/10 Total : 8.5/10
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