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Films asiatiques (Japon/Corée/HK)

Lundi 5 février 2007

Genre : Guerre / Réflexion / Drame 


Film Coréen de Byung-chun Min sorti en 1999, Phantom The Submarine se démarque des superproductions coréennes formatées habituelles par son traitement et son budget et nous prouve enfin qu'avec peu on arrive à  faire un bon film, unique et efficace.

 

Phantom The Submarine peut prétendre faire partie du gratin des films de sous-marin car c'est une oeuvre choc, un huis clos intimiste ultime entre deux officiers prêts à tout pour défendre leurs principes (voir USS Alabama de Tony Scott). 

 

 Parabole militariste tenant place dans une des zones les plus sensibles de la planète, la mer du Japon, prête à exploser à tout moment, Phantom The Submarine nous conte l'aventure du premier sous-marin nucléaire sud-coréen, dont l'existence elle-même est mise à mal par la situation politique de la région. Un équipage spécial est rassemblé pour emmener le sous-marin dans une mission décisive dans laquelle, sur fond de romantisme ecervelé, ils vont apprendre le sens des responsabilités et du jusqu'au-boutisme.

 

Le pitch, trés efficacement mis en place entre flashbacks et scènes chocs, permet au film d'aborder par la suite quantité de questions primordiales telles que la fragilité de la frontière entre la paix et la guerre, le fanatisme, le désir de vengeance, une étude à coeur ouvert du danger de la possession de l'arme atomique, et tout cela dans un thriller coup de poing trés rythmé et captivant jusqu'à la fin.

 

Mise à nu sans concession du danger que représente la puissance nucléaire pour le 21ème siècle, l'ambiance cloîtrée du sous-marin permet de mettre en exergue la folie des hommes par la confrontation entre des valeurs comme le devoir, l'honneur, l'instinct de survie, le sacrifice et le patriotisme.

 

Phantom The Submarine est donc une oeuvre profonde, marquante, qui traduit la peur d'un pays d'etre laissé derriere a la traîne par le reste de l'Asie, le film est hanté par son propre réalisme si inconcevable et pourtant si vrai, presque parfait si ce n'est un tout petit manque de moyens à peine visible.

 

Le mot de la fin : une véritable réussite dans la droite ligne de la marque de fabrique coreenne : une efficacité et sobriété redoutable et pas de vaine surenchère, des acteurs totalement habités et envoûtants, bref un des mes films préférés.

 

Notation :

--> Scénario : 8.5/10

--> Réalisation : 8.5/10

--> Acteurs : 9/10

--> Puissance : 9/10

--> Musique : 8/10

Total : 8.6/10

Par Kurono-kun
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Lundi 5 février 2007

Genre : Arts martiaux / Historique / Drame

 

Film japonais de Ryuhei Kitamura sorti en 2003, Azumi est une oeuvre phare qui annonce le renouveau du cinéma d'action japonais (autour de films comme Returner ou Versus, lui aussi réalisé par Kitamura) et la consécration d'un réalisateur trés prometteur.

 

Azumi c'est le nom de l'héroïne, une guerrière élevée au milieu d'une bande de garçons rassemblés dès leur enfance dans le seul but de former une bande d'assassins impitoyables pour éliminer un chef de guerre et ainsi mettre fin à la querelle qui fait rage entre le clan des Tokugawa et celui des Toyotomi.


 

Sur ce fond de guerre débridée entre les samuraïs, dans une campagne ravagée par les pilleurs et les bandits de grand chemin, Azumi apparaît comme un ange, une jeune fille naïve qui ne connaît rien de la vie, qui ne sait que tuer et que seule la mort semble pouvoir délivrer, mais elle doit avant tout accomplir sa mission et protéger (et le plus souvent venger) ses "nakamas" (compagnons) sur le chemin parsemé de cadavres qui le ménera jusqu'au bout d'elle-même, et peut-être jusqu'à la paix qui pourrait la libérer de son horrible destin.

 

Film de sabre enervé et jouissif à l'extrême, Azumi représente la revanche du Japon sur la mainmise Honkongaise au niveau des wu xa pian (comprenez par là les films de sabres chinois du type Tigre et Dragon, Hero ou Le Secret des Poignards Volants) avec un film qui n'est pas épargné par les défauts (certaines scènes sont ratées au début et les dialogues ne sont pas toujours trés inspirés, heureusement il n'y en a pas beaucoup) mais dont les qualités sont indéniables : une mise en scène impeccable, des combats plus que spectaculaires, des méchants sadiques contre une jolie fille à la recherche de ses sentiments, un design et des plans souvent révolutionnaires et ultra-efficaces, le tout cuisiné à la sauce Kitamura pour le plus grand plaisir de nos yeux.

 

Au final Azumi se révèle au spectateur médusé pour lui prodiguer une sorte d'ultime auto-satisfaction, c'est un exercice de style rageur et décomplexé, un film à regarder seul ou entre potes, toujours jouissif à l'extrême.

 

Notation :

--> Scénario : 7.5/10

--> Réalisation : 9/10

--> Acteurs : 8.5/10 (Azumi/ Aya Ueto est trés crédible)

--> Puissance : 8.5/10

--> Musique : 8.5/10

Total : 8.4/10


¤¤¤ Liens torrents disponibles :
- http://www.scrapetorrent.com/Search/index.php?search=azumi&sort=seed&fz=&zs=&pf=
- http://www.mininova.org/search/?search=azumi

Par Kurono-kun
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Lundi 5 février 2007

Genre : Arts martiaux / Historique / Drame

 

Cette suite directe (le film commence juste après la fin du premier et se contente d'un flashback minimaliste pour rappeler que c'est bien une suite) est sortie en 2005 et a pour but de surfer sur la vague du succès générée par Azumi, et le nouveau réalisateur Shusuke Kaneko s'en sort en reprenant simplement le flambeau de l'univers du "film de sabre et rien d'autre" si bien mis en place dans le premier.

 

 

On retrouve donc l'héroïne Azumi toujours à la recherche d'un sens à son existence maudite, un chelmin infernal et sans fin parsemé de mort et de désillusions, symbolisé par une rivière de sang, avec tout de même dans cette suite un contraste bien mis en valeur face à l'opportunité pour Azumi de poursuivre son rêve d'une vie bien rangée et la possibilité de trouver l'amour, qui donne ainsi un aspect un peu plus sentimentaliste et humaniste que dans le premier film.

 

 

Plus axé sur l'univers qui entoure la jeune héroïne donc, Azumi 2 traite de thèmes importants (certains repris en droite ligne du premier) tels que l'amour, l'amitié, le sacrifice et le sens de la guerre (s'il y a vraiment un sens à la guerre). Le spectateur se retrouve un peu plus immergé dans le contexte contemporain (moins désincarné que dans le premier film, où il était quand même sous-traité efficacement en second plan) qui prend ici toute sa valeur avec le traumatisme d'un Japon qui lors de l'Ere Sengoku (1467-1573) assiste sans réaction au déclin de sa civilisation, minée de l'intérieur par des guerres civiles incessantes et injustifiées entre clans rivaux.

 

Azumi 2 s'ancre ainsi dans une époque charnière du Japon, passage de la féodalité au monde moderne, témoin de la fin de la domination des "samuraï", des légendaires "ninjas" et des codes du "bushido" (principes de respect et d'organisation des duels entre autres). Azumi 2 peut donc être considéré comme une bonne séquelle, même si l'ensemble n'est pas aussi transcendant que dans le premier (trop de dialogues parfois inutiles, l'absence du génie artistique de Kitamura, et certaines scènes font un peu "cheap" et beaucoup d'acteurs morts dans le premier film sont étrangement ré-employés dans un autre rôle pour le second...) mais reste toutefois trés agréable, dans un style plus posé, avec un scénario plus travaillé (un peu plus...), les combats restent tout de mêmes efficaces, marque de fabrique oblige, et Azumi toujours aussi convaincante.

 

Donc à regarder, au moins pour connaître la suite de l'histoire, même si la fin ne comblera peut-être pas les attentes de tous les fans du premier film (à quand Azumi 3 ??.....)

 

 

Notation :

--> Scénario : 7.5/10

--> Réalisation : 8/10

--> Acteurs : 7.5/10 (Heureusement Azumi /Ueto Aya surnage)

--> Puissance : 8/10

--> Musique : 7.5/10

Total : 7.7/10

¤¤¤ Liens torrents disponibles :
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Par Kurono-kun
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Lundi 5 février 2007

Genre : Guerre / Reflexion / Drame

 

Film Coréen de Chan-Wook Park (Oldboy et le reste de la trilogie des Vengeance) sorti en 2000.

 

Une jeune femme suisse d'origine coréenne par son père, Sophia, est choisie par l'organisation Suisse (donc neutre) d'observation de la frontière entre les deux Corées pour mener une investigation, avec toute la neutralité possible, sur l'incident qui s'est produit dans la JSA, seul lieu de la DMZ (no man's land de 4 km qui sépare les deux Etats) où les Nords-Coréens et Sud-Coréens sont en contact visuel et diplomatique constant.

En effet la veille deux militaires Nord-Coréens ont été assassinés dans leur poste frontière et le sergent Lee Soo-hyeok, un soldat Sud-Coréen, a été retrouvé blessé sur le "Pont du non-retour", passage officiel entre les deux contrées ennemies. Considérant l'importance d'une telle situation dans un contexte aussi explosif, Sophia est soumise aux pressions internationales et de la part des deux camps pour résoudre au plus vite l'affaire et éviter ainsi toute escalade belliqueuse.

 

 

Mais l'enquêtrice se heurte au mur de silence mutuel des deux frères ennemis, silence qui symbolise le manque de communication entre les deux parties de la Corée, silence qui empêche de pouvoir trouver une solution au conflit qui la secoue depuis un demi-siècle et qui s'y est embourbé au point que la haine a nourri la haine et que les jeunes générations ne savent même plus vraiment pourquoi un peuple est ainsi séparé, ils sont endoctrinés voire lobotomisés par leurs instances militaires respectives qui semblent trouver une utilité à la poursuite éternelle de ce conflit... mais laquelle ? Les deux Corées sont elles-vraiment prêtes à affronter les vérités dévoilées par cette affaire ? Est-ce simplement parce qu'ils sont allés trop loin et que faire marche arrière leur ferait perdre leur honneur, si primordial dans la culture coréenne ?

 

Le réalisateur ne cherche pas à donner une réponse complète à ces questions mais s'emploie à distiller avec une attention minutieuse pour les détails les conditions de vie des soldats de la JSA et les impacts humains actuellement laissés par cette situation inextricable. En effet cette magnifique et touchante histoire, dont le côté "polar à suspense" n'est en partie qu'un prétexte pour servir de bien plus grandes ambitions, sert de témoin au profond malaise présent entre ces deux parties d'un même pays vécu comme un état de fait et non pas comme un traumatisme pourtant récent.

 

 

L'enquête est entrecoupée de flashbacks qui mettent en exergue de petites saynètes banales de la vie quotidienne qui prennent toute leur signification dans le contexte et permettent de donner aux spectateurs ignorants que nous sommes une toute petite idée de l'étendue du troma qui divise la Corée.

Le film reste toujours sobre et digne, un peu en retrait car son but n'est pas de favoriser l'un ou l'autre camp ni de donner raison à qui que ce soit mais de traiter une histoire strictement centrée sur le plan humain et de laisser au spectateur le soin d'y chercher sa propre interprétation. Au final on reste désespérement impuissant devant cet oeuvre somme toute trés humaniste et pleine de sens, dramatique mais porteuse d'un certain espoir, un pamphlet sans prétention sur l'inconscience des hommes, à la hauteur de son sujet, un exemple universel, à suivre et à voir surtout !!

 

Notation :

--> Scénario : 9/10

--> Réalisation : 8.5/10

--> Acteurs : 9/10

--> Puissance : 9/10

--> Musique : 8/10

Total : 8.7/10

¤¤¤ Liens torrents disponibles :
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Par Kurono-kun
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Lundi 5 février 2007

Genre : Comédie romantique / Drame / Vie quotidienne 


Continuons notre cycle GTO avec cette-fois-ci le film adapté du manga, sorti en 1999 et réalisé par Masayuki Suzuki.

 

  Le motard miraculeux est de retour (voir l'article sur l'anime GTO) avec toujours une seule mission : enseigner !!

Il est arrogant, frimeur, pervers, inconscient et violent, et pourtant il est prof et c'est bien le héros. Takashi Sorimachi (Fulltime Killer) s'en sort plutôt bien dans l'interprétation d'un personnage trés complexe en insistant sur son côté totalement outrancier et insaisissable pour nous sortir un Onizuka furieusement surjoué mais composé avec un tel relâchement et un tel manque de naturel qu'il s'ouvre ainsi un monde à part et parvient à tenir à bout de bras la présence de l'esprit de son créateur en manga, ce qui donne un film trés particulier, une sorte d'hybride qui réussit presque malgré lui donc à réaliser ce que peu d'adaptations ont su faire avant lui : concilier les univers du cinéma et de la bande dessinée dans un ensemble cohérent qui ne perd pas le grain de folie qui lui permet la liberté du dessin.

 


L'intrigue prend place dans le village de Horobinai à Hokkaido (île rurale un peu délaissée dans le Nord du Japon) qui depuis la fermeture de son parc d'attraction voit ses jeunes sombrer dans l'ennui, un désoeuvrement qui conduit à la violence quotidienne et aux tentatives de suicide. Un coin paumé dans tous les sens du terme où vont se croiser le destin d'élèves en difficulté, d'un voleur en cavale, d'une journaliste déterminée et d'un professeur déjanté, Onizuka, qui va tenter par tous les moyens de ramener un peu d'animation dans ce village monotone et menacé de perdre son âme.

Le film nous fait passer en revue tous les sentiments humains sans concession aucune, avec pour résultat de laver notre esprit de tous les clichés et de nous faire remettre en question notre vision de valeurs telles que l'amitié, la haine, l'espoir, le bonheur, la vie.

 


Cette adaptation "Live" est à la fois une suite et une reprise de plusieurs scènes clés des avantures du manga, auquelles les spectateurs (ceux qui auront vu ou lu le manga) s'identifieront facilement avec un sourire en coin synonyme de bons souvenirs et surtout du plaisir de revoir leur prof préféré dans ses oeuvres.

On peut tout de même lui reprocher quelques lenteurs mais ne sont-elles pas tout simplement l'expression du train de vie "dilettante" d'Onizuka ? Cela ne fait que renforcer l'idée que ce film est une entité intégralement construite autour de son protagoniste, un hommage visuel débordant d'émotions communicatives, bref un vrai régal pour tous les fans et peut-être la découverte d'une vraie philosophie de vie "GTO style" pour les tous les autres.

On le suivrait jusqu'au bout du monde... sans hésitation.

 


Notation :

--> Scénario : 8.5/10

--> Réalisation : 8/10

--> Acteurs : 8.5/10 (les jeunes sont plutôt crédibles)

--> Puissance : 9/10

--> Musique : 7.5/10

Total : 8.3/10

Par Kurono-kun
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Vendredi 16 février 2007

Genre : Thriller / Horreur / Drame

 

Si on aime le cinéma japonais c'est parce qu'il est toujours aussi innovant et décomplexé, et il nous le prouve encore une fois avec 2LDK, un huis clos subversif à fleur de peau réalisé par Yukihiko Tutsumi et sorti en 2002.

 

Lana et Nozomi ont indubitablement beaucoup de points communs en apparence : elles sont toutes les deux actrices, jeunes, belles, talentueuses et postulent pour le premier rôle d'un film qui pourrait représenter un vrai démarrage pour leur carrière. La convergence de leur destin va occasionner pour elles une cohabitation trés particulière : en effet le producteur du film, souhaitant pouvoir contacter ses deux actrices les mieux placées pour l'obtention du rôle titre à tout moment, les a réunies dans le même appartement à Tokyo. Mais il est loin de se douter que cette légère erreur de jugement va prendre une envergure insoupçonnée...

Car au-delà des apparences, Lana et Nozomi se détestent cordialement. La première est obsédée par la mode, superficielle et psychologiquement fragile, alors que la seconde est maniaque, parano et complexée... Une colocation de cette nature s'impose irrémédiablement comme un bombe à retardement, et quand en plus un soir la rivalité amoureuse pour un homme vient s'immiscer dans cette pourdrière, les choses vont justement dégénérer...

 

 

2LDK est une oeuvre viscérale, accrocheuse, un huis clos totalement immersif qui nous plonge dans le quotidien de cette cohabitation explosive. L'efficacité première du film réside dans son traitement artistique original et intense : l'ensemble du récit prend place dans l'appartement et on sent l'implication '"jusqu'au-boutiste" de la réalisatrice au travers de chaque plan, tellement ceux-ci sont magnifiquement travaillés et utilisés à bon escient pour personnifier chacune des deux filles et nous faire partager corps et âme, avec une sorte de voyeurisme délicieusement malsain, leur émotions et la haine irrépressible qu'elle se portent.

La prestation du duo d'actrices en elle-même est spectaculaire, confondante de vérité dans cette mise en abyme infernale de leur métier d'actrice avec ses rêves, ses espoirs et son impitoyable concurrence analysée ici sans concession.


On retrouve au travers de cette confrontation l'incarnation même de ce thème si cher à la culture japonaise et qui hante tous les artistes et leurs oeuvres, que ce soit au niveau cinématographique ou littéraire : la caractérisation de l'esprit de compétition japonais, si inavouablement destructeur pour ses jeunes en quête de libre-arbitre et responsable primordial de l'insoluble malaise qui secoue cette société depuis les années 90.

 

Pendant 1h10, 2LDK parvient à éviter la plupart des écueils inhérents au huis clos : on a pas le temps de s'ennuyer tellement le rythme est élevé, le confinement symbolisé par l'appartement fermé est dépassé et transcendé par le génie visuel filmique (il faut avouer que l'appartement est assez grand) de la Yukihiko Tsutsumi pour transmettre au spectateur la haine et la solitude incarnés par l'immensité impersonnelle de la métropole tokyoïte, sans jamais la montrer .

 

2LDK est au final un thriller psychologique furieux qui vous entraîne, au travers d'une gradation des malaises provoqués par les petits problèmes du quotidien, dans une vraie descente aux enfers qui oscille jouissivement entre horreur et consternation, bref une petite perle d'humour noir à se procurer immédiatement.

(Attention, ce film peut avoir des conséquences néfastes sur une colocation...)



Notation :

--> Réalisation : 8.5/10

--> Scénario : 9/10

--> Acteurs : 9.5/10

--> Puissance : 9/10

--> Musique : 8/10

Total : 8.7/10


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Par Kurono-kun
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Samedi 31 mars 2007
Genre : Fantastique / Arts Martiaux

On retrouve encore une fois notre cher Ryuhei Kitamura dans sa quête de retour aux sources du film de sabre japonais avec Aragami, métrage d'1h20 fait par un fan de duels pour des fans de duels et pour se défouler...


Un soir de pluie, une jeune femme qui s'occupe d'un temple perdu dans les montagnes voit arriver deux soldats blessés, l'un portant l'autre inconscient sur ses épaules. Au réveil, le survivant est accueilli par le maître des lieux, un homme à l'aspect plutôt énigmatique. Il apprend que son compagnon n'a pu être sauvé, et veut ramener son corps chez lui afin qu'il recoive les honneurs qui lui sont dûs. Mais l'orage ne s'arrête toujours pas alors l'étrange propriétaire invite le "samuraï" a passer la nuit au temple pour lui tenir compagnie...

Encore une fois (après Versus et Azumi), Kitamura applique le procédé qui a fait son succès : prendre une histoire classique et y imposer sa patte moderne en mélangeant les scènes et les personnages traditionnels avec des décors et des plans stylés à outrance (omniprésence du noir et du violet avec un résultat plein de classe mais qui ne correspond pas toujours à l'ambiance classique de l'idée du postulat de départ...). Une fois ces ingrédients assemblés, le réalisateur laisse prendre la sauce, ajoute un soupçon de mystère puis laisse son génie artistique et visuel faire le reste du travail.

Autant vous prévenir tout de suite, Aragami n'est pas vraiment un film d'action car il tente de se poser en héritier des films de sabre japonais classiques avec ses face-à-face interminables, ses longues scènes de contemplation muettes et ses longues tirades exaltées... Heureusement que ce réalisateur énervé qu'est Kitamura aime autant faire réciter des divagations philosophiques à ses personnages que les pousser à se taper dessus à coups de katanas !!
Comme d'habitude, l'interêt réel du film est situé dans son atmosphère, la qualité de la chorégraphie des combats et le soin apporté aux détails... Avec profusion de plans obliques (des centaines, mais on adore ça) et d'humour noir, le réalisateur arrive petit à petit à rendre plutôt jouissif ce qui nous paraissait indigeste au départ, grâce à un peu de cynisme et d'auto-dérision qui sauvent le film du ridicule.

Mais comme il ne faut jamais en demander trop, les acteurs sont là pour vous le rappeler : ils ne jouent pas trés bien (en ralité la fille se débrouille plutôt bien mais elle n'a pas de texte...enfin si trois lignes à la fin...) et n'apportent pas la crédibilité ou le badinage qu'on attend d'eux lors des joutes verbales (même si celles ci sont savoureuses à bien des moments, comme par exemple pour le choix des armes) sauf bien sûr au niveau des cascades et des combats qui sont bien réglés et convaincants (en même temps on ne peut pas toujours être un bon comédien et un bon cascadeur, la preuve il n'y a que Jackie Chan qui y arrive...).

Aragami est donc un petit conte fantastique, une de ces légendes des campagnes japonaises qui distribuent des morales à la pelle avec une logique implacable, le tout dans une amibance morbide et parfois ennuyeuse mais on doit le reconnaître beaucoup plus abordable pour un public jeune et "Gaijin" (non-japonais) que beaucoup de films de sabre japonais réservés aux puristes.
On pourrait facilement dire que ce film est bidon mais on se laisse progressivement prendre au jeu absurde qui s'installe entre les deux hommes, grâce aussi à une bande originale trés réussie mélant sonorités modernes et traditionnelles et de jolis gestes martiaux au programme.

Aragami reste quand même loin de la qualité d'un Versus (film qui a fait connaître Kitamura en 2000) ou d'un Azumi (sorti juste après Aragami, et certainement pas avec le même budget...), mais le talent de son génial réalisateur le fait sortir un peu du lot des films de sabre modernes (on doit reconnaître l'effort fait pour moderniser le genre, c'est quand même bien mieux qu'un film américain qui tenterait de faire une incursion dans ce genre typiquement japonais) et il devrait satisfaire ses fans, les fans de duels au katana et de jeux vidéos du même genre.

A la limite du bidon mais grisant et originalement mis en scène.


Notation :
--> Réalisation : 8.5/10 (virevoltante et grisante mais moins inspirée que pour Azumi)
--> Scénario : 7/10
--> Acteurs : 6.5/10 (heureusement que le les combats sont crédibles...)
--> Puissance : 7/10
--> Musique : 8.5/10
Total : 7.5/10

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Par Kurono-kun
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Mercredi 4 avril 2007
Genre : Fantastique / SF / Arts Martiaux / Drame

Reprenons ce qui est devenu sans le vouloir notre "cycle Ryuhei Kitamura" avec un film intitulé Alive (un titre simple et pourtant trés riche de sens ne permettant pas de savoir à quoi on doit s'attendre...) , ovni sombre et prometteur sorti en 2002 et adapté du manga éponyme de Tsutomu Takahashi.

Dans une prison (futuriste), un condamné à mort est emmené hors de sa cellule par des soldats jusqu'à la chaise électrique. On l'installe sur le siège, puis le gardien abaisse le levier et la décharge fait son office... Etrangement, le prisonnier n'est pas tué par le choc. Le directeur de la prison lui donne alors deux options : vivre, ou recevoir une autre décharge. Yashiro Tenshu va choisir le première option, mais il ne sait pas vraiment ce qui l'attend....

Dès les premières secondes du générique, on se retrouve comme lobotomisés par la bande-son entêtante qui rythme la marche vers la mort et nous plonge dans une sorte de transe. Entre cette ouverture à l'atmosphère viscérale et le travelling circulaire enivrant qui suit pour la seconde scène, on se rend tout de suite compte qu'on assiste à l'étalage du talent d'un Kitamura (encore assez méconnu à l'époque) survolté et passionné par son sujet, qui nous soumet comme une sorte d'invitation l'évantail de toutes ses techniques apprises avec son premier succès (Versus). On ne peut que se réjouir qu'il réapplique cette recette (surtout que sa technique s'est encore affinée depuis !) et on clame haut et fort : enfin un bon film d'anticipation original et prenant !! Merci Ryuhei !!

L'idée de base est absolument géniale, une sorte d'expérimentation "in vitro" de la cohabitation forcée, un peu comme un loft story carcéral pour meurtriers, bien glauque et qui donne à réfléchir en poussant le spectateur à se poser des questions par lui-même sur des notions comme les relations humaines, la haine, la violence, le meurtre, la vengeance, la vie et la mort, la solitude, l'enfermement, la folie et tous ses mécanismes...

On ne sait trop comment, Kitamura a pour une fois réussi à trouver en même temps une histoire (il a co-scénarisé le film avec l'auteur du manga) et des acteurs crédibles et étonnemment talentueux (il faut dire que leur performance est multipliée par l'extraordinaire travail de mise en scène fourni par le réalisateur vraiment inspiré cette fois-ci, ce qui n'est pas toujours le cas comme on a pu le voir avec Skyhigh en 2003...) avec deux habitués des films de Kitamura : Hideo Sakaki et Tak Sakaguchi (présents tous les deux dans Versus, Azumi, et Battlefield Baseball réalisé par l'assistant de Kitamura) et pour les fans de drama la bad girl Ryo (dans Sapuri, mais aussi Azumi et le Gemini de Shinya Tsukamoto).

Alive est un film d'ambiance avant tout, sombre, glauque et dérangeant, asphyxiant même dans la première partie (avec des sensations claustrophobiques semblables à celles que nous procure Cube, le chef-d'oeuvre de Vincenzo Natali), et la bande-son ainsi que la couleur à dominante grise omniprésente nous aspire dans ses méandres cauchemardesques. Le découpage en forme d'étapes d'une expérience de laboratoire est original et trés rythmé et permet toutes sortes de libertés fantaisistes au réalisateur.

Au final un trés bon huis clos ténébreux, chaotique et morbide mais qui manque un peu de profondeur psychologique et d'un réel travail philosophique pour délivrer toute sa puissance émotionnelle et artistique (on peut aisèment faire quelques parallèles avec les scènes d'action et de noirceur de Matrix, trés efficaces et nombreuses mais qui prennent trop le pas sur le fond anticipatif) cependant les fans d'arts martiaux trouveront aussi leur compte avec un derniers tiers rempli d'affrontements jouissifs.
Une incursion assez réussie dans un univers trés difficile à traiter, même si on a l'impression que le film ne va pas jusqu'au bout des promesses qu'il nous fait miroiter.

Un exercice de style glauque et visuellement fascinant.

Alive (2002) : 1h50


Notation :
--> Scénario : 8/10
--> Réalisation : 9/10 (quelle inventivité tout de même !)
--> Acteurs : 7.5/10
--> Puissance : 8.5/10
--> Musique : 9/10 (addictive)
Total : 8.4/10

Bonus song : non disponible 
Par Kurono-kun
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Mercredi 20 juin 2007
  • Genre : Comédie romantique / Drame
  • Réalisateur : Stephen Chow Lik-Chi Lee
  • Acteurs principaux : Stephen Chow, Karen mok, Cecilia Cheung, Man Tat Ng
  • Année de production : 1999
  • Durée : 1h30

¤¤¤ Synopsis :
VCD1944-DVD5236-king-of-Comedy.jpg Wan Tin-Sau est figurant de cinéma. Toutefois son style plutôt original n'est pas du goût de tous les metteurs en scène, et il se fait virer inlassablement du plateau de tournage. Pauvre mes jamais à court d'idées ou de motivation, il s'adonne alors par ses propres moyens à sa passion pour le Septième Art en cherchant à monter des pièces de théatre de rue en plein air en tentant d'interesser ses voisins, tous plus pathétiques les uns que les autres, ou en donnant des cours de pratiques théatrale à tous ceux qui en ont besoin au quotidien ou pour leur emploi, que ce soient les petits voyous ou les prostituées. L'une de ses élèves, la belle Lau Piu Piu, lui tape dans l'oeil...


¤¤¤ Critique de la rédaction :
King of Comedy, réalisé en 1999, fait partie des oeuvres phares de la filmographie de Chow.
En effet, l'acteur a déjà fait ses premières armes dans la réalisation, et peut à alors s'exprimer de mieux en mieux au travers de la mise en scène. Tandis qu'il laisse paraître de plus en plus de maturité dans l'approche de chacun de ses films, qui offrent à chaquelle nouvelle production un peu plus de profondeur, il reprend inexorablement ses incontournables thèmes de prédilection, que sont la recherche d'un amour romantique et parfait dans un monde qui n'est pas fait pour, le parcours initiatique du héros empêtré dans sa propre médiocrité et qui s1322329.jpg doit devenir un homme plus adulte et responsable pour s'imposer dans la société et séduire celle qu'il aime... Si on y ajoute la tentation du mal qui se dresse toujours sur son chemin comme un obstacle obligatoire permettant la remise en question et l'éclosion du héros, on a le même scénario ultra classique, qui remonte dans sa construction même aux modèles inusables utilisés pour décrire les aventures initiatiques des chevaliers de la Table Ronde, un script simple qu'on apprend dans les écoles et qui a toujours fait preuve de son efficacité.

En lisant cela, il y a de quoi se poser des questions me direz-vous... King of Comedy n'est-il qu'un amas de grosses ficelles usées jusqu'à la corde, un film banal et dépourvu d'originalité ? Mais non, car c'est à ce stade là, juste après la pose des bases du scénario, qu'on découvre l'impact extraordinaire de la "sauce Stephen Chow", qui rien que par sa présence et son charisme gigantesques à l'écran, son génie visuel et humoristique indéniable, parvient à insuffler une âme à son oeuvre, un parfum fantasque et fantaisiste qui crée dès les premières minutes du film une empathie euphorisante avec le spectateur. Celui-ci se retrouve tout de suite intégré dans le récit, suivant pas à pas les pérégrinations d'un héros malchanceux, comme captivé par les gestes et les mimiques inimitables d'un Chow en forme olympique.

Dans son ensemble, le script tient très bien la route, et les quelques très rares baisses de rythme passent quasiment inaperçues car on ne s'ennuie jamais grâce à un comique de répétition excellent performé par un couple de protagonistes inspiré supporté par un évantail de personnages stephen-chow-kingcomedy.jpg secondaires loufoques.
Des jeunes aux vieux, c'est un manège enchanté de la condition humaine gavé de personnages totalement clichés et surjoués qui vous feront tour à tour sourire, pleurer, rire, rêver, et parfois vous laisseront pantois.
Petite perle de pureté et d'innocence qui nous rappelle que pauvreté ne rime pas forcèment avec malheur, King of Comedy est un petit film sans prétention, très plaisant et drôle, une plongée attendrissante de naïveté dans l'univers impitoyable de la comédie et du cinéma, magnifiée par l'apothéose d'un final où la mise en abyme devient réalité et consécration.
Un film qui vient du coeur et touchera le vôtre, exquis et excellent.


Notation :
--> Scénario : 8.5/10 (d'une sincérité et d'une fantaisie hors du commun, mais pas encore parfait)
--> Réalisation : 8/10
--> Acteurs : 8.5/10 (très bonne composition d'ensemble, portée par un Chow dans son élément naturel, l 180px-midori_reg_copie5.jpg e cinéma)
--> Puissance : 9/10 (très drôle, et franchement attendrissant)
--> Musique : 7.5/10 (sobre et toujours efficace, comme à son habitude)
Total : 8.3/10


--->  disponibilités du film : liens torrent / sur manga-arigatou : cliquez ICI !!!
Par Kurono-kun
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